lundi 22 juillet 2024

Femme, noire




Le parti Démocrate américain se réjouit du départ de Sleepy Joe et de l'arrivée probable de sa remplaçante Kamala Harris. Ils voient dans la désignation de la vice-présidente une double vertu : c'est une femme et elle est noire. Autant dire que pour les dépositaires du magistère moral, c'est bingo.

Alors je ne vais pas mettre en doute sa qualité de femme, on a bien assez de soucis comme ça de ce côté-ci de l'Atlantique. Mais noire ? Puisqu'il nous faut parler de la race, puisque l'on nous y oblige, et sans sortir mon pied à coulisse, quand je pense à une femme noire je l'imagine avec des attributs tout autres que ceux de Kamala Harris. Voyez la photo en illustration de ce billet. Vous y voyez une femme noire ? Pas moi. Tout au plus une métisse, une quarteronne peut-être, mais une africaine non.

Née d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, elle a simplement ce type metissé que l'on rencontre dans les Caraïbes, de Cuba à la Dominique, où chez beaucoup les origines africaines tendent à se dissiper.

Alors pour le coup de la femme noire il faudra repasser... 

dimanche 21 juillet 2024

Terrine forestière


- Tu te rends compte ma Lilye, Biden déclare forfait... Comment ça tu t'en fous !? Non ! Non ! Bas les pattes ! C'est pas pour toi ! Déjà qu'hier soir tu m'as boulotté ma terrine forestière ! Couché ! Couché ! Décidément tu ne comprendras jamais rien à la politique... 


jeudi 18 juillet 2024

La clarification




Tristesse




L'autre jour à "S", je rêvassais dans le silence de la nuit tombante. C'est alors que j'entendis, à intervalles réguliers, des petits cris dont je n'arrivais pas à localiser la provenance. Ça ne venait pas d'en bas, ces pièces que j'occupe quand je suis seul et qu'aucune raison ne m'oblige à monter dans les étages. Je pris l'escalier de pierres et là, sur le rebord d'une fenêtre haut perchée, je vis deux petites masses brunes. C'était deux bébés chouettes. L'une était morte et l'autre bien vivante. Cela arrive fréquemment que l'on retrouve cette espèce d'oiseaux dans notre maison : ils tombent par le conduit de cheminée et, en notre absence, se trouvent piégés dans la maison. Avec une échelle de bois, je réussis à m'approcher d'elles. Je saisis la petite boule de plume encore vivante puis sortis sur la terrasse et la déposais sur le muret. Aussitôt elle s'envola à tire-d'aile. C'était il y a 2 jours.

Ce matin, je paressais au lit, faisant ma revue de presse, parcourant quelques blogs. Puis je me décidais d'aller faire un brin de toilette sur la terrasse. À "S" tout ce qui tourne autour de l'eau, toilette, vaisselle, se joue sur la terrasse (ce qui rend la maison très inconfortable en hiver). Tout de suite je la vis cette petite boule noire qui flottait à la surface de l'eau dans la bassine à vaisselle : ma petite chouette que j'avais sauvée y était revenue pour s'y noyer.

mercredi 17 juillet 2024

L'Abbé Pierre




L'Abbé Pierre, l'homme de l'hiver 54, est mort. 

En 2007.

Figure iconique, vénérée des Français à juste titre, statue indéboulonnable (du moins on le croyait), l'Abbé, faisant fi de ses vœux de chasteté, aurait touché de la fesse.

En 2024, soudainement, des victimes présumées s'en souviennent. Un peu tard pour un test ADN mais quand il faut salir tous les moyens sont bons.

Elles ressemblent à quoi aujourd'hui ces vieux croûtons tout délabrés ? Par qui sont-elles manipulées ? Sont-elles en manque de mains au cul ?

Et le message de l'Abbé Pierre on en fait quoi ? On le jette aux orties ? 

Me Too commence sérieusement à nous faire chier ! 

Sans titre



mardi 16 juillet 2024

Du poing levé



Une certaine presse, des commentateurs très orientés, s'offusquent du poing levé de Donald Trump juste après la tentative d'assassinat dont il a été la victime. Ils y voient le signe d'une agressivité folle, d'un masculinisme exacerbé ; en un mot de la dangerosité de ce candidat. Et n'attendez pas d'eux le minimum syndical de compassion pour un homme qui a frôlé la mort : n'a-t-il pas qu'une très modeste et insignifiante égratignure au lobe ? C'est du chiqué ont-ils envie de dire, tout en se retenant car les conneries ont leurs limites... 

Pardon mais je m'inscris en faux !

Encore heureux que celui qui est peut-être destiné à diriger la première puissance mondiale soit un peu burné ! Son job ne sera pas tout à fait celui d'un bisounours !

Oui mais voilà : là-bas comme ici beaucoup ne rêvent que de dirigeants castrés, impuissants. En France, par exemple, le modèle idéal c'est un Olivier Faure ou une Marine Tondelier. 

Mais un sénile avec un pied dans la tombe comme aux EU ferait parfaitement l'affaire... 

mercredi 10 juillet 2024

Barrage


Barrage. 

Il fallait faire barrage. 

Mais à qui ou à quoi ? 

Au retour du fascisme ? Des heures les plus sombres ? Qui imaginait sérieusement une nuit de cristal en cas d'une victoire du RN ? Des Champs-Élysées pavanés de drapeaux à la svastika ? À part quelques sots, quelques imbéciles à carte d'électeur, personne. Et surtout pas ceux qui nous parlent à n'en plus pouvoir du nécessaire et urgent arc républicain. Ceux-là ont la trouille, oui, une peur bleue : celle de voir leur projet européiste, mondialiste, attaqué, menacé. Ils regardent vers la Hongrie, un peu moins vers la Pologne désormais, se souviennent du Brexit. Comme ils se souviennent d'un temps, pas si lointain, où le RN envisageait un référendum sur le Frexit. 

L'arc républicain, le cercle de la raison, dont le spectre est aussi large qu'héthéroclite, n'est pas là pour nous protéger (ça se saurait) du retour de la bête immonde, mais pour nous faire oublier ce mot que nous chérissons encore, qui leur écorche les oreilles :

National ! 


Des gilets jaunes


Je ne peux m'empêcher de faire la comparaison de la situation politique actuelle avec celle des gilets jaunes il y a quelques années déjà. 

Le mouvement des gilets jaunes était un mouvement authentiquement populaire à son origine, poujadiste si l'on veut, plutôt de droite en tout cas. Très vite il a été phagocyté par la gauche et l'extrême gauche. 

Les dernières élections sont exactement sur le même schéma : une révolte dans les urnes, aux européennes puis aux législatives, populaire, rurale, française. Révolte très vite étouffée par les magouilles, les compromissions, qui voudraient nous faire croire que la France est de gauche, quand tout démontre le contraire.

Le faux, le mensonge, l'hideuse falsification, s'étalent sous nos yeux depuis ce 7 juillet. Et c'est une nouvelle fois le peuple de France que l'on efface. 

Mais depuis combien de temps règnent-ils en maîtres ces falsificateurs ? Depuis combien de temps sommes-nous dupés ? 

lundi 8 juillet 2024

Plafond de verre ?


J'ignore s'il existe encore un plafond de verre pour le RN et ses électeurs, mais de fait leur aventure politique ressemble beaucoup au mythe de Sisyphe.

En revanche le socialisme, qu'il s'appelle Centre Gauche, Ensemble ou Nouveau Front Populaire, c'est bien le Phénix qui renaît éternellement de ses cendres... Il faut dire qu'il est tellement polymorphe que l'électeur "moyen" a du mal à l'identifier. Pour se nettoyer les mirettes, il faudrait au minimum avoir lu Muray.

Reste que ces dernières élections ressemblent à s'y méprendre à un hold-up... 

dimanche 7 juillet 2024

La fièvre monte à El Pao...


... mais moins que prévu. 

Bêtise en politique




En ces heures électorales, où Macron licencie la macronie, je savoure la lecture du dernier numéro de la "Revue des deux mondes", juillet-août 2024, "Bêtise en politique".

On y croise les regrettés Desproges, Muray, Daumier et beaucoup d'autres.

Et oui c'est pur bonheur que de retrouver les mots d'esprit de ces écrivains, hommes d'état, humoristes décapant comme on en fait plus... 

Rien que le premier chapitre, qui décrit les ambitions d'un bourgeois de province voulant devenir député pour ne plus s'ennuyer, M. Rousselin (tiré de "Le Candidat" de Flaubert), vaut le détour :

Républicain hier, libéral aujourd'hui, socialiste demain, conservateur après-demain : qu'importe le parti, pourvu qu'il obtienne le titre. Il est prêt à tout : commander aux cordonnier 15 paires de bottes dont il n'a nul besoin ; acquérir chevaux et ânes auprès de paysans sans savoir où les mettre ; acheter par centaines pommes, poires et bergamotes quand sa famille se limite à trois personnes. Monsieur Rousselin va même jusqu'à donner sa fille au plus influent, un pingre freluquet aux allures de séminariste. Le peuple réclame l'impossible, l'homme promet monts et merveilles : l'impôt sur les boissons sera aboli (les citoyens savent toujours cibler leurs priorités) ; l'eau et la lumière seront fournies gratuitement ; les douanes et l'octroi seront supprimés.

Voilà ! 

Bonne soirée électorale ! 

mardi 2 juillet 2024

Le grand roman de l'occupation



Alors, mes p'tits amis, faut que vous sachiez : le 1er juillet n'est pas seulement le jour où vous apprenez que votre facture de gaz va prendre 12 %, que votre découvert autorisé ne l'est plus, que votre tabac vaut le prix d'une belle entrecôte ; c'est aussi le jour où votre serviteur prend un carat de plus.

Je fus gâté en cette soirée mémorable. Entre autres cadeaux tous aussi réjouissants les uns que les autres, ma belle m'a offert un livre : "Le barman du Ritz" de Philippe Collin, sous-titré "Le grand roman de l'occupation". 

Le pedigree de l'auteur vous saurez facilement le trouver, disons pour résumer qu'il a beaucoup œuvré pour le service public. Et, de fait, je me souviens de ses chroniques décalées sur France Inter. Cet état de service pourrait sembler rebutant à d'aucuns, mais je n'ai pour ma part aucun a priori et ne souffre pas de sectarisme. 

Le livre serait, dit-on, richement documenté et commence par une citation d'Ernest Hemingway :

"Lorsque je rêve de l'au-delà, du paradis, je me trouve toujours transplanté au Ritz, à Paris." 

Bon... 

Allons-y voir ! 


dimanche 30 juin 2024

Générations

 

Vous n'êtes pas les enfants de vos parents, vous êtes les enfants de votre génération 

Confucius, et si ce n'est lui, c'est donc son frère.

Je ne sais pas qui a donné leur nom aux différentes générations qui nous ont précédé, mais je note une déplorable dégradation au fil des temps :

- Génération perdue, 1883-1900, on comprend, on sait pourquoi.

- Génération grandiose (aussi appelée glorieuse), 1905-1925, on aimerait savoir pourquoi. Cette génération semble toutefois correspondre à de grandes avancées en de nombreux domaines.

- Génération silencieuse, 1925-1945, celle de mes parents : Ce sont les gens de la génération la plus âgée, qu'on appelle la génération silencieuse, qui, de villageois, sont devenus consensuels. Cette génération, d'abord repliée sur elle-même, s'est urbanisée et s'est ouverte sur le monde au fil des décennies. Cette génération passe de l'intolérance la plus profonde à la recherche permanente du consensus.

- Génération Baby-Boomers, 1946-1964, la mienne, la vôtre probablement, pauvres croutons que nous sommes... Aïe... ça se gâte... Introduction de l'Anglais... On voit qu'Omaha-Beach n'est pas bien loin...

- Ensuite...

Ensuite, ça s'aggrave nettement : plus de référence un tant soit peu littéraire, même l'anglais passe à la trappe. Après les baby-boomers, les générations suivantes sont reléguées à une lettre : "X", "Y", "Z", "Alpha". 

Qu'en conclure sinon que ces générations ne représentent pas grand-chose, rien d'essentiel ? Qu'elles ne sont pas assez rentrées dans l'histoire comme disait quelqu'un ? Qu'elles sont au fond innommables. Que leurs traces sur cette terre resteront infinitésimales ? Génération consommation ? Et pis c'est tout ?

C'est désolant, et on en vient à envier le sort du poilu de Verdun : à lui au moins, on a dressé un monument...

A voté !


A voté ! 

L'affluence était moins grande que ce que j'aurais pu imaginer. 

La pile de bulletins de vote de mon candidat était bien haute... Ne pense pas avoir à me déplacer pour le second tour. C'est l'exception culturelle des grandes villes. Îlots de lumière, diront certains, dans un océan de brun... 

samedi 29 juin 2024

Pauvres


Certains blogueurs tentent désespérément ces jours-ci, à grands renforts de graphiques et de chiffres, de nous convaincre que grâce à la macronie nous serions moins pauvres. Que nous serions en quelque sorte des ingrats. C'est faux bien entendu, et chacun peut le mesurer.

Et quand bien même ? 

Pauvres nous l'avons toujours été : nos parents étaient pauvres, nos grands-parents étaient pauvres, nos arrières-grands-parents étaient pauvres. De la pauvreté nous avons une grande expérience. Pauvres nous étions, pauvres nous serons. 

Mais pauvres nous voulons l'être chez nous, notre pauvreté en aucun cas nous ne voulons la partager. 

jeudi 27 juin 2024

Suicide




Voilà une information bien étonnante et bien de notre temps que je découvre aujourd'hui DANS LE FIGARO. Un robot se serait suicidé en Corée du Sud. Et l'auteur de l'article, comme les habitants de la municipalité, de s'interroger sur les raisons de son geste : surcharge de travail ? Dépression ?

Reste que cette nouvelle m'a laissé un brin songeur... 

samedi 22 juin 2024

Pièces d'occasion


J'apprends qu'aujourd'hui c'est la journée nationale du don d'organes. Alors, même si je n'arbore pas un petit ruban vert en bandoulière, sachez que je suis pour. Si je venais à calancher dans les jours prochains, servez-vous sans retenue. Mais enfin faut savoir : ça sera de l'occasion, de la seconde voire de la troisième main, seule l'usure est garantie.

Je ne suis pas spécialiste mais, de ce je sais de moi, voici le bilan que je peux en faire :

En dépit d'un tabagisme précoce et continu, les poumons sont nickels. Je ne sais pas si ça peut se greffer les poumons...

Les reins donnent quelques signes de faiblesse, sans altération de leur fonction. Ça peut dépanner le cas échéant.

Le foie, ma foi, a beaucoup servi, mais là encore ça peut dépanner. Suggestion : à greffer sur un sujet plus sobre que moi, pour qu'il se refasse une santé.

Reste les bollocks qui sont en parfait état de marche. Je serais ravi d'en faire profiter un dégenré quelconque. Malheureusement, la greffe semble encore du domaine de l'utopie, et de toute façon très peu demandée, l'inverse étant plus fréquent... 

Quant à ma carcasse, cramée ou enterrée, qu'elle aille engraisser un arbre à fleurs, à fruits. 

Ou quelques herbes folles. 

jeudi 20 juin 2024

El Negro Zumbon - Silvana Mangano

 Allez va...

Pour égayer (en noir et blanc) un peu ce blog, je remets ici cette vidéo déjà postée, torride et sensuelle au possible :


dimanche 16 juin 2024

Lucie


Puisqu'il semble d'usage sur les blogs de présenter son animal de compagnie, voici Lucie, notre bonne vieille chatte d'adoption. Son poil est comme un léger coton, dont elle se sépare tous les jours, un peu partout, par touches voletantes, sur nos lits et canapés, nos vêtements. En dehors de ce problème, somme toute assez mineur, sa présence nous est devenue indispensable. 



Coup de gueule



Y'en a marre de ces foutues gouttes froides et autres décrochages polaires ! Rendez-nous notre réchauffement climatique ! On est le 16 juin bordel de m...!!!

Ma belle voulait se faire un vide-grenier avec sa pote, mais on ne met pas des souris dehors par un temps pareil... 

samedi 15 juin 2024

People are strange

 J'avoue n'avoir en ce moment pas grand-chose à raconter sur ce blog...

Alors, toujours au parc Montsouris, il y a cinq ans déjà, moment de détente :


vendredi 14 juin 2024

Julia et la vieille dame

 

Je remets ici cette vidéo. Elle a, au jour près, tout juste quatre ans.

Quand il m'arrive de me promener au parc Montsouris, je ne vois plus ni l'une ni l'autre...

 (À un moment on entend quelqu'un interpeller la vieille dame, il ne s'agit pas de moi.)


lundi 10 juin 2024

Prospective


Emmanuel Macron vient de dissoudre l'assemblée. 

Bien... 

La prochaine étape est sa démission au soir du 7 juillet. 

samedi 8 juin 2024

L'attente



Se rendre à l'institut Vernes pour y passer un scanner, n'est pas mon genre de rendez-vous préféré... Surtout quand je pense à tout ce que je me suis envoyé dans les bronches... 

Mais le pire c'est l'attente des résultats. On repart bien avec un dossier plein de jolies photos en noir et blanc mais qu'en penser ? Pour ma part je préfère ne pas les regarder : c'est quoi ces tâches blanches ? S'en trouvait-il autant il y a trois ans ? Alors il faut attendre, les guiboles un peu cotonneuses... On se remonte le moral comme on peut : "s'il nous faut crever, crevons" !

Et puis, vers la fin de l'après midi, on se rend sur le site de l'institut : le compte-rendu est là, et sa sentence. C'est pas peu dire que l'on est soulagé d'apprendre que l'on a des poumons de bébé ! 

On en aurait presque envie, pour fêter ça, de s'offrir un Montecristo gros comac !



mercredi 5 juin 2024

Du Conseil Constitutionnel

 


FIGAROVOX/TRIBUNE - Les choix contestables du Conseil constitutionnel, comme l’aide juridictionnelle pour les immigrés, nous conduisent à une situation où le Parlement comme le peuple sont privés par un organe non élu de leur capacité de législateur, analyse Philippe Fabry, historien des institutions et des idées politiques.



Philippe Fabry est historien des institutions et des idées politiques, et avocat. Il a publié entre autres Islamogauchisme, populisme et nouveau clivage gauche-droite (2021) Le Président absolu, la Ve République contre la démocratie (2022) et La Chute de l'empire européen (2022). Il analyse et commente l'actualité politique nationale et internationale sur sa chaîne Youtube : @PhilippeFabry.


Mai 2024 aura été un mois particulièrement déplorable pour l'image du Conseil constitutionnel en France : Laurent Fabius, expliquant la décision du mois précédent rejetant le projet de referendum d'initiative partagée des Républicains, a déclaré que «la préférence nationale […] est contraire à la Constitution» et qu'on ne pouvait « priver les personnes défavorisées (étrangères, NDLA) d'une politique de solidarité nationale ». Deux semaines plus tard, le Conseil constitutionnel déclarait inconstitutionnelle la loi refusant le bénéfice de l'aide juridictionnelle aux étrangers en situation irrégulière. Enfin, on apprenait par Mediapart que Laurent Fabius tentait d'intimider l'Ordre des avocats de Paris qui avait organisé un colloque critique de l'institution. Ces comportements à visage découvert : d'une part vision idéologique mettant en opposition droits constitutionnels et appartenance nationale, d'autre part autoritarisme et refus de la critique, expliquent cruellement les choix jurisprudentiels profondément graves du Conseil durant les six derniers mois, qui ont pour effet d'amener la Ve République au bout de sa funeste logique institutionnelle, et finalement dans une totale impasse politique.



Le 11 avril dernier, le Conseil constitutionnel a rejeté la proposition de loi des Républicains visant à soumettre à l'approbation du peuple français, par la voie du référendum d'initiative partagée, les dispositions législatives de contrôle de l'immigration censurées par le même Conseil qui, sans trancher sur le fond, les avait qualifiées de «cavaliers législatifs» dans le cadre de la «loi immigration».


Il faut comprendre que cette décision du Conseil constitutionnel, critiquée de manière souvent superficielle comme étant en opposition avec une majorité de l'opinion publique, est d'une portée bien plus redoutable en ce que, combinée à la précédente décision du mois de janvier, elle nous a fait entrer dans le stade terminal de l'histoire de la Ve république. Car le Conseil a pris résolument le parti de l'exécutif contre le législatif, amenant jusqu'à ses ultimes conséquences logiques la structure fondamentalement autoritaire de notre Constitution.


En pratique le Conseil constitutionnel a offert à la présidence de la République une méthode pour légiférer sans le Parlement, et même contre sa volonté.

Philippe Fabry

Il y a d'abord eu la décision du 25 janvier 2024, qui a virtuellement transféré le pouvoir législatif à la Présidence de la République. En effet, la loi immigration a été, sur saisie du président de la République, censurée partiellement par le Conseil constitutionnel de telle sorte qu'elle a été pratiquement ramenée, dans sa version finalement promulguée, au projet initial du gouvernement. Et cela alors que ce projet gouvernemental avait fait l'objet d'un rejet explicite des députés par la motion du 11 décembre 2023 et que la loi votée, le 19 décembre 2023, à une large majorité (349 voix pour, 186 contre, 38 abstentions) avait été négociée en commission mixte paritaire du Parlement. C'est-à-dire qu'en pratique le Conseil constitutionnel a offert à la présidence de la République une méthode pour légiférer sans le Parlement, et même contre sa volonté : il suffit désormais pour cela de faire présenter le projet qu'il veut par le gouvernement qu'il a nommé (même issu d'un parti minoritaire), accepter tous les amendements nécessaires pour faire voter le texte par les deux chambres, quitte à le transformer totalement, et, une fois voté, le faire sanctionner par le Conseil constitutionnel afin de ramener le texte à l'état initial et le promulguer dans une version qui sera juridiquement considérée comme votée par le Parlement alors qu'il ne l'aurait jamais votée telle quelle.


Le Conseil constitutionnel, prétendant défendre la Constitution contre des violations anecdotiques – des amendements dont le lien avec le texte initial était considéré comme trop indirect – a rendu une décision qui, en pratique, a abrogé la séparation des pouvoirs et confisqué le pouvoir législatif au profit de la présidence de la République. L'absolutisme présidentiel est désormais total, et si cet effet virtuel se heurte encore à une difficulté pratique, à savoir que les oppositions pourraient décider désormais d'exclure a priori toute négociation sur un texte par crainte de l'entourloupe, cela condamnerait le Parlement à être simple spectateur de l'action présidentielle, laquelle peut toujours se déployer par la seule voie réglementaire – puisqu'il semble que nous ayons accepté que l'exécutif exerce habituellement ce pouvoir sans plus demander la confiance du Parlement…


Modifier le champ d'application de l'article 11 ne servirait à rien, puisque ce n'est pas sur ce fondement que la mesure est jugée inconstitutionnelle.

Philippe Fabry

C'est pour tenter de riposter à cette forfaiture que Les Républicains, très légalistes, ont décidé de changer de stratégie et d'essayer de se tourner vers l'autre détenteur théorique du pouvoir législatif : le peuple. C'est par la voie du Référendum d'initiative partagée, outil créé en 2008, qu'ils ont choisi de procéder. Cette procédure impliquant un contrôle a priori du Conseil constitutionnel, les Républicains ont parallèlement préparé un projet de réforme constitutionnelle de l'article 11 ; en effet, il était vraisemblable que le Conseil censurerait un référendum sur l'immigration comme ne faisant pas partie du champ d'application du référendum législatif qui peut concerner uniquement les «réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation». Les Républicains définissaient dans leur projet de RIP l'immigration comme une question «sociale», et c'est sur ce point que l'on imaginait venir la censure du Conseil, après quoi les Républicains auraient tenté de faire avancer leur projet de réforme du champ d'application du référendum.



Mais le Conseil a censuré le projet sur un tout autre fondement, donnant à sa décision une tout autre portée : il a considéré que le projet de référendum était contraire au Préambule de la constitution de 1946, lequel fait partie du fameux «Bloc de constitutionnalité» au titre duquel le Conseil, depuis 1971, juge régulièrement de la conformité des lois aux «objectifs de valeur constitutionnelle» (1982). C'est-à-dire que le message envoyé aux Républicains, ou à tous ceux qui voudraient prendre des mesures légales significatives pour limiter l'immigration, notamment en limitant les droits sociaux des étrangers, est que ce sera une mesure inconstitutionnelle, et surtout qu'aucune modification constitutionnelle ne pourrait changer cela. En effet, modifier le champ d'application de l'article 11 ne servirait à rien, puisque ce n'est pas sur ce fondement que la mesure est jugée inconstitutionnelle.


Nous voici donc rendus à une situation où le Parlement comme le peuple sont privés par le Conseil constitutionnel, organe non élu, de leur capacité de législateur, et cela au nom de la Constitution.

Philippe Fabry

Or, modifier l'article 11 était une modification constitutionnelle relativement aisée : il suffisait d'ajouter «d'immigration» ou «migratoire» dans le texte existant. Certes, la procédure de modification constitutionnelle présente ses difficultés, mais la simplicité de la réforme ne les rendait pas insurmontables, en particulier vu les rapports de force au Parlement lors du vote de la loi immigration. Mais la modification qu'exigerait le contournement de la jurisprudence du Conseil constitutionnel est d'un tout autre ordre : il faudrait soit mettre fin à l'idée de bloc de constitutionnalité en abrogeant tout le Préambule de la constitution, pour empêcher le Conseil constitutionnel de fonder ses décisions dessus, soit supprimer le contrôle du Conseil constitutionnel lui-même – ce qui reviendrait à supprimer l'institution. Autant dire qu'il s'agirait là non pas de modifier la Constitution, mais de changer de Constitution, car ce sont des piliers fondamentaux du régime qu'il faudrait faire tomber. La décision du Conseil constitutionnel du 11 avril 2024 a donc totalement ligoté le législateur en matière d'immigration, que ce législateur soit le Parlement ou le Peuple lui-même, et proclamé que tant que la Constitution de 1958 perdurera, aucune réforme de la politique migratoire n'est possible dans le sens d'une limitation et d'un contrôle accru.


Quelle solution reste-t-il pour sortir de cette impasse ? Une motion de censure? Rien n'obligerait le président de la République à dissoudre, d'autant moins que le Conseil, on l'a vu, lui a donné les moyens de gouverner, voire de légiférer, sans majorité au Parlement.


Espérer un changement de majorité au sein du Conseil ? Compte tenu des règles de renouvellement : un tiers des neufs membres tous les trois ans, chacune des trois nominations triennales revenant respectivement au Président de la République, au président du Sénat et au président de l'Assemblée, et sachant que le prochain renouvellement aura lieu en 2025, toujours sous la présidence d'Emmanuel Macron, il faudrait attendre encore au moins deux tours de renouvellement, au plus serré, pour espérer un tel changement de majorité… soit pas avant 2031 !


Nous voici donc rendus à une situation où le Parlement comme le peuple sont privés par le Conseil constitutionnel, organe non élu, de leur capacité de législateur, et cela au nom de la Constitution. Inversement, le pouvoir législatif a été en pratique transféré au président de la République, y compris alors qu'il est minoritaire au Parlement. Comment appelle-t-on ce genre de régime ? Et comment prend-t-il généralement fin ?


SOURCE Le Figaro de ce jour. 


lundi 27 mai 2024

La nuit du 12



C'est un excellent film que diffusait France 2 hier soir, "la nuit du 12" (Dominik Moll). 

Comment le résumer sans tout en révéler ? 

La misère des moyens policiers pour mener leurs enquêtes, leur dévouement de chaque instant, leur persévérance et leurs doutes. 

Mais surtout cette chance qu'a parfois le mal, à qui il arrive de triompher dans l'impunité... 


samedi 25 mai 2024

L'ignominie de Jupiter



Oui, je sais, je suis un salaud, une pute... Non, pas une pute : ce serait faire injure aux putes. Une ordure si vous voulez...

Déjà ma réforme des retraites, alors que passé 50 ans tu es bon pour la casse, c'était quelque chose... Mais il m'en faut plus. Un salaud n'est jamais rassasié. Alors oui, mes petits amis, vos droits au chômage comment je vais vous les ratiboiser ! Et ce que vous ayez 25 ou 55 ans ! C'est tellement jouissif de prendre le blé à ceux qui n'en ont pas ! C'est tellement jouissif que d'appuyer sur la tête de quelqu'un qui se noie ! Et puis les esclaves de 7 à 77 ans, il faut bien que je les trouve quelque part ! Ceux que j'importe du monde entier sont inemployables à 90% ! Sauf à vendre de la came, tuer et violer de droite à gauche ! Ah mais attention ! J'ai des valeurs moi ! Je suis un humaniste, n'allez pas croire ! Tous les fouteurs de merde sont les bienvenus chez nous ! Je les aime ! Ils sont mon projet ! J'en veux encore et encore ! Et même encore ! 

Ordure disais-je ? 

Non. 

Le mot est bien trop faible. 

Il n'y a pas de mot en fait pour qualifier l'ignominie de Jupiter.

Et surtout pas celui de "Président" des Français.

SOURCE

L'UNANIMITÉ DES SYNDICATS CONTRE CETTE FOLIE

samedi 18 mai 2024

... que ça à foutre...



Notre leader maximo bien-aimé, ce phare qui éclaire le monde, l'irradie de son immense sagesse, et qui n'a que ça à foutre en son palais, tant pour le reste tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans le "pays"a annoncé le lancement d'une mission parlementaire sur la ménopause pour lutter contre "un vrai tabou de la société".

Bon... 

On est ravi pour "elles" qui avant "Lui" ont dû attendre des millénaires pour gérer cette étape douloureuse de leur vie... 

Mais quid des hommes ? 

Dans un souci de parité j'attends, avec une impatience fébrile, l'annonce d'une mission parlementaire sur la prostate, cette coquinerie d'organe souvent défaillante passé 50 ans, qui de plus a l'outrecuidance de marquer le genre qui n'existe pas. 

Président a bien raison : ce sont là des sujets bien plus importants que le naufrage chaque jour constaté de la Fr..., pardon, du pays. 




mercredi 8 mai 2024

À Joinville-le-Pont

 


 

Aujourd'hui fiston, ma belle et moi, nous étions donnés rendez-vous à Joinville-le-Pont, au restaurant "La tagine d'or". Joinville-le-Pont j'ai bien connu dans ma jeunesse, du temps où je fréquentais les studios. Mais depuis il est rare que je traîne dans les parages. Une fois, un dimanche au bord de l'eau, nous avons passé un après midi chez Gégenne, ma belle et moi. Mais ça remonte à quand déjà ?

La Tagine d'or comment vous la décrire ? C'est une sorte de ponton qui s'avance sur la Marne, lui donne des allures de péniche mais qui serait éternellement à quai. Initialement nous devions déjeuner en terrasse, mais la météo, une nouvelle fois, nous a trahi (météo-France est devenue une boussole qui indique le sud : quand elle annonce la pluie soyez sûrs qu'il fera beau, et inversement). L’intérieur de la Tagine d'or est assez terne. J'ai remarqué ça : les gens d'outre Méditerranée la déco c'est pas leur truc. Les tableautins aux murs, les bibelos rigolos, les lumières avantageuses, c'est très occidental et singulièrement très français. Quant au couscous, pas donné, par charité chrétienne je n'en dirai rien.

Fiston, qui avait à faire, nous a quitté la panse pleine après le thé trop sucré. Ma belle et moi sommes partis en direction de Nogent. L'idée était de regagner Vincennes et son château en traversant le bois. Arrivés à Nogent, moi qui pour chaque événement a un refrain en tête prêt à l'emploi, forcément j'ai entonné de mémoire "ah le petit vin blanc qu'on boit sous les tonnelles quand les filles sont belles du côté de Nogent", forcément... Ma belle m'a dit "arrête, déjà qu'on a un temps de m...". De l'autre côté de la Marne (qui n'est qu'une rivière, je te le rappelle), on distinguait la terrasse vide et silencieuse de "Chez Gégenne".  

 

À la hauteur du pavillon Baltard, orphelin de ses frères, arraché au ventre de Paris puis abandonné là seulabre, nous avons bifurqué sur la gauche, avons rejoint l'orée du bois et commencé la longue traversée. J'ai pu constater le parti pris de la municipalité, tout à fait défendable du reste, de laisser faire la nature : les arbres morts, ceux abattus par un coup de vent, pourrissent dans un enchevêtrement anarchique, offrant un refuge à toute une diversité, avant que d'aller, au stade ultime, enrichir les sols.  


 

Au château de Vincennes, que nous parcourûmes en long en large et en travers, ma belle eut deux déceptions : la première fut d'apprendre que Saint Louis n'avait jamais en ces lieux rendu la justice sous un chêne, qu'il s'agissait d'une légende urbaine ; la seconde que Mata Hari ne fut pas exécutée dans l'enceinte du château mais à deux kilomètres de là, dans les bois, sur un pas de tirs en forme de butte où les soldats s'entrainaient... au tir, devenu depuis le Polygone, un circuit pour vélos. La seule personne à avoir été exécutée dans les douves du château fut le duc d’Enghien. En mémoire de Saint-Louis, il y a une dizaine d'années, on a bien planté un chêne dans la cour, mais il ne s'y est pas plu et il a mourru. Depuis deux ans un autre a pris la relève qui semble s'acclimater. Remarquez que ça fait une belle jambe à Saint-louis... En revanche nous eûmes une pensée émue pour le divin marquis qui passa, dans une geôle étroite et sombre du bas du donjon, sept années de sa vie pour d'obscures raisons de moeurs, avant de rejoindre la Bastille.


 

Ma belle et moi nous sommes séparés au RER de Vincennes, elle voulant revoir la rue des Laitières et les petites maisons environnantes où elle passa une partie de son enfance. Comme elle envisageait ensuite de traverser tout Paris à pinces pour rejoindre notre chez-nous, je lui ai dit que ce serait sans moi. 

A part ça météo-France prévoit du soleil pour demain : n'oubliez pas votre parapluie.

lundi 6 mai 2024

L'affaire Guillaume Meurice



Ce qui m'amuse dans l'affaire dite "Guillaume Meurice", c'est de le voir lâché par les siens, victime de cette gauche intolérante (pléonasme).

Sa blague n'était peut-être pas drôle (encore que "nazi sans prépuce" je comprends que cela puisse faire sourire), mais elle ne méritait pas ce lynchage, cette mise au ban ; cette censure. Parcourant les blogs dits" de gauche ", je reste effaré de la joie mauvaise qui les anime devant l'éviction de l'un des leurs. La liberté d'expression, le mauvais goût revendiqué, pour ces pisse-froid c'est... de l'hébreu.

L'un des acolytes de GM, Djamil le Shlag, a hier donné sa démission en direct sur France Inter, ajoutant qu'il y avait plus de liberté sur les plateaux de CNews. Ambiance... 

Nous savions depuis longtemps que l'intolérance était bien portée à gauche, en voilà un exemple supplémentaire. 

vendredi 3 mai 2024

La Butte aux Cailles





Ma belle et moi, quand nous voulons nous dégourdir les jambes, nous partons de notre 14ème vers le 13ème, où nous avons vécu jadis. Vers la rue Bobillot, où nous restent des souvenirs de notre prime jeunesse, de jeunes parents aussi.

J'aime ce quartier de Paris : il ne se prend pas au sérieux, dégage une atmosphère de petite ville de province (tant que l'on ne franchit pas l'avenue d'Italie). Du temps où nous y habitions nous avions nos habitudes : le traiteur italien pour nos pâtes et la coppa, le Lacryma Christi, le Merle Moqueur et le Temps des Cerises, pour un verre de blanc. Sur cette Butte aux Cailles notre cantine était Chez Gladines, un restaurant basque dont la carte était aussi généreuse que savoureuse, sans être onéreuse. Les ruelles de la Butte ont toujours été le terrain de jeu des tagueurs et autres graffeurs, dont la plus célèbre, aujourd'hui décédée MISS. TIC

À la Butte aux Cailles les expositions ne sont que temporaires : d'un week-end sur l'autre on peut découvrir de nouvelles "œuvres". Seules celles de Miss. Tic, morte en 2022, semblent bénéficier d'une forme de respect : personne ne s'avise de les effacer. 








 

mercredi 1 mai 2024

La carte du Parti



L'autre jour dans "L'Heure des Pros", il y eu une énième escarmouche entre Pascal Praud et Olivier Dartigolles autour du parti Communiste et ses millions de morts. L'animateur allait passer à un autre sujet quand le facétieux Olivier lâcha :

- de toute façon nous l'avons tous la carte du Parti... 

Praud s'est mis à bégayer :

- co-co-comment ça nous l'avons tous ?

Et Olivier de porter l'estocade :

- vous avez bien une carte vitale non ?

Praud, qui a de la culture, a levé les bras au ciel, vaincu. 

Eh oui : notre bonne vieille Sécu c'est à un communiste que nous la devons, au sortir de la guerre :

AMBROISE CROIZAT.



Mer calme à agitée

 



Alors que certains Normands connaissent depuis peu les joies de la fibre, à "S" nous l'attendons toujours. Pourtant il nous était promis ce haut débit, cette possibilité de voir en instantané toute la misère du monde ; depuis 2022. J'en avais fait un billet, que je remets ici, car en ce jour de fête du travail (merci mon Maréchal) je ne m'en sens pas de pondre un billet :


mercredi 27 juillet 2022

Mer calme à agitée


Il y a un an environ, une camionnette s'est arrêtée à proximité de "S". Un jeune homme plein de vigueur en est descendu avec un instrument dans la main. Il m'a montré du doigt le poteau de bois qui nous amène ici électricité et téléphonie. Mais lui visiblement en cherchait un autre de poteau, qu'il m'a indiqué sur son appareil électronique auquel je ne comprenais pas grand-chose.

- monsieur, ce poteau n'existe pas, le dernier que vous trouverez dans le secteur, c'est celui-ci, le nôtre, le dernier de la commune. D'ailleurs si vous continuez sur quelques mètres, vous serez sur la commune voisine. Ici c'est le terminus, même le facteur rechigne à y venir.

Il ne voulait pas le croire, sa machine lui indiquait un poteau et il voulait voir ce poteau. Je n'ai pas cherché à le convaincre, mais, à toute fin utile, je lui demandais pourquoi il y tenait tant à ce poteau.

- eh bien monsieur, m'a-t-il répondu, c'est que nous apportons la fibre, que vous l'aurez au plus tard début 2023. Et qu'il nous faut préalablement répertorier le réseau car elle sera aérienne.

Sur ce il est reparti, avec sa petite machine entre les mains, interrogeant du regard les collines, insatisfait de ma réponse.

Bigre... "la fibre" allait arriver jusqu'ici...

Hier je descendais vers la ville par la petite route. Là je croisais une autre camionnette, avec élévateur, et deux ou trois hommes qui s'affairaient à accrocher des câbles au sommet des poteaux. Curieux comme je suis, je me suis arrêté pour leur demander la nature de leur activité. Et c'est tout naturellement qu'ils m'ont répondu "qu'ils apportaient la fibre au hameau de "V".

Le désert numérique perdait du terrain, et dans cette marche vers le progrès, "S" serait la dernière à être servie.

Ça m'a laissé songeur. Je me suis souvenu d'un temps, pas si lointain, où quand je venais à "S" je n'avais pour seules compagnies que des livres, le feu dans la cheminée, un téléphone qui ne sonnait que très rarement, mes rêves et un vieux transistor.

C'est de ce vieux transistor dont je me souviens aujourd'hui. Au fond de cette vallée perdue, il ne captait presque rien. France Inter y était encore audible, mais, par un défaut technique que je ne saurais expliquer, passé le flash de 20h, sa captation des ondes déclinait, le son se perdait dans un grésillement progressif, le transistor ne percevant plus que le "tac tac" de la clôture électrique voisine. C'était l'heure de la météo marine. Elle durait des minutes qui paraissaient des heures. C'était aussi un moment de grande poésie, propice à l'évasion :

Mer d'Iroise, vent modéré de secteur sud, mer calme, pas d'avis de coup de vent en cours ni prévu.

Cantábrico, mer calme à agitée, vent de secteur sud-ouest se renforçant dans la nuit.

Et je somnolais au coin du feu. J'étais ce marin embarqué sur son chalutier qui regardait s'éloigner la côte.

Le son dans le transistor devenait insupportable. Le "tac-tac" surnageait dans un océan de grésillements, la voix du présentateur devenait inaudible. Je me levais et coupais l'appareil. Ne restait plus alors qu'un immense silence.

La fibre arrive, et les rêves s'en vont.



samedi 27 avril 2024

Dans le TGV...




... on nous sert de l'eau "neuve". Manquerait plus que ça qu'elle soit pourrie... 

Ceci dit je suis pas sûr que c'est cela qui me fera préférer le train, comme dit un vieux slogan publicitaire. D'autant que le mien, suite à différents "incidents techniques", a quatre plombes de retard. Même pas sûr que je puisse choper le dernier métro en arrivant à Paname... Quand même, au prix de la balade ça fout un peu les boules... 

vendredi 26 avril 2024

Mon amoureuse


Pour des raisons qui la regardent, elle se faisait discrète, étrangement absente. Mais depuis quelques jours la revoilà, pimpante, avec la même énergie que je lui connais année après année. Ce soir elle a particulièrement apprécié mon curry de cochon, m'a donné l'impression de faire une grande découverte. Le piment dont j'abuse dans ce genre de recette l'a mise en grande joie, au point de renoncer à son droit à l'image. C'est ma Lilye, mon amoureuse. Je serais bien incapable de dire son espèce, sa race ; elle aime mes fonds de plats, mes jeux et mes caresses. Tout à l'heure je lui ai dit qu'il était temps de remonter sur sa colline, que là-haut il y avait quelqu'un à qui elle avait des comptes à rendre, que nous nous reverrions demain. Mais elle s'est allongée sur le sol trempé de ma terrasse, m'a lancé un regard implorant. Dans ces moments-là c'est difficile de faire preuve de fermeté : l'envie est grande de passer la nuit avec elle. 

C'est ma Lilye, qui danse comme un cabri à chacune de nos retrouvailles :



lundi 22 avril 2024

Février en avril

 


Moi, vous me connaissez, je n'ai pas peur des mots, j'aime bien qu'on me les dise. Je suis par nature un homme ouvert à tout, disposé à tout entendre pourvu qu'on m'explique. Ainsi du réchauffement climatique qui serait responsable des températures polaires que je subis à "S", de ce mois de février en avril qui serait la preuve irréfutable que nous allons tous cramer demain, je dis d'accord. Dans ma grande tolérance, je veux bien accepter tous les sophismes, toutes les démonstrations savantes ; je suis même prêt à considérer notre bonne vieille terre à l'aune de graphiques abscons. 

En revanche, si d'aventure on en venait à trop insister, il ne faudra pas s'étonner d'une généreuse distribution de pâtés de phalanges, et que certains en viennent à moucher rouge...

dimanche 21 avril 2024

"S", encore et toujours



À "S" depuis bientôt deux semaines, où le printemps se fait attendre. Encore que ce ne serait pas si désagréable, s'il n'y avait ce fucking mistral. Je sais bien que ce fichu vent fait partie de l'identité de la région, mais parfois j'aimerais qu'elle la mette un peu en veilleuse, son identité...

La rivière coule en abondance, et j'ai dans l'idée que nous ne devrions pas manquer d'eau cet été. Mais j'ai aussi dans l'idée d'avoir pensé et écrit exactement la même chose il y a de cela un an. Avec une suite très décevante...

L'autre jour ma belle et fiston étaient encore là. Avec fiston nous venions de terminer une partie d'échecs et nous étions rapprochés du feu. Fiston roulait une cigarette. À côté de nous restait l'échiquier, où mon roi défait, lamentablement coincé, témoignait de ma déconfiture, expédiée en quelques minutes. Fiston, tout en léchant  la gomme de son Riz-La-Croix, me dit :

- tu sais le cerveau c'est un muscle, si tu t'entraines, un jour peut-être, tu me battras.

Il adore me chambrer... 

Puis il ajoute:

- d'ailleurs les échecs sont un sport... 

- ah oui ? 

- oui. Et comme pour tous les sports il y a des compétitions "masculines" et "féminines", car nos cerveaux sont faits différemment. La première femme classée, une Chinoise je crois, se trouve très loin derrière les hommes.

Moi qui, sans être un phallocrate, n'est pas non plus un adepte forcené de l'égalité homme-femme, m'en suis trouvé choqué.

- comment !?!? Mais les échecs c'est avant tout une activité cérébrale non ? On devrait pouvoir organiser des compétitions mixtes !

- on devrait... D'ailleurs ça existe... Pour la rigolade...

- autant je suis absolument contre qu'un homme transgenre participe à des compétitions féminines, autant je n'ai aucun problème avec des tournois d'échecs mixtes. Si je devais y participer, la seule chose qui pourrait me troubler serait un décolleté trop plongeant... là je risquerais d'être mat plus rapidement encore que ce soir...

Ma belle, qui écoutait notre conversation, me dit :

- tiens ben pour la rigolade, tu en fais une contre moi ? Tu noteras que je n'ai pas de décolleté...

Vous savez quoi ? 

J'ai perdu... 



dimanche 14 avril 2024

"Climats", ou la France d'avant la catastrophe



Avec "F", qui est la bonté faite homme, nous avons fait les derniers kilomètres qui nous séparaient de "S".

En dépit des aléas climatiques, "S" se porte comme un charme. Je crois qu'elle en a vu d'autres. 

Nous sommes entrés dans la maison. "S" sentait les feux de cheminée éteints, les vieux plats refroidis ; son humidité accumulée durant tout l'hiver nous tomba sur les épaules. Tandis que j'ouvrais les volets, "F", qui arpentait les pièces, s'est arrêté devant ma bibliothèque.

- c'est curieux ça... 

- quoi ? 

- on dirait la bibliothèque de "P". En tout cas ça lui ressemble beaucoup. 

- et pour cause : c'est la sienne. Je ne sais plus pourquoi mais il l'a amenée ici, un an avant de mourir. 

"F" regardait les dos. 

- tiens si tu t'ennuies tu peux lire ça, c'est joli. Je te le retourne pour que tu le retrouve facilement. 

Le livre qu'il m'avait retourné, que je lis en ce moment, a pour titre "Climats", D'ANDRÉ MAUROIS

Au travers d'intrigues amoureuses, le roman court de la belle époque aux années folles. Avec sa parenthèse assassine. Avec "Climats", André Maurois s'adjuge, paraît-il, un lectorat féminin. Il faut dire que même remarquablement écrit, ça reste un peu cul-cul la praline, dans le genre d'un Marcel Proust, évoqué quelque part comme étant un "chroniqueur mondain". 

Malgré tout voici un livre qui donne à voir ce qu'a pu être notre civilisation, sans crime "d'honneur", sans couteau, où l'altérité n'était pas un obstacle, un sacrilège, un péché à cacher, mais, pour les audacieux comme les timides, une frontière fragile et délicieuse, à franchir avec un bouquet de fleurs et quelques bons mots, une frontière à ne surtout pas défendre au risque de tout perdre : on abdique à genoux devant une femme. La masculanité toxique est remise à plus tard. Ou à jamais. 

Une époque où la femme, quoi qu'on en dise aujourd'hui, avait la place de choix : la première.

L'amour, pas la guerre. 







PS : Je ne suis pas sûr que la fin de ce billet soit très claire. Pas grave... On fera mieux la prochaine fois. 


samedi 30 mars 2024

Elle et moi




Ce n'est pourtant pas moi qui lui change sa litière, lui remplis sa gamelle, la brosse tous les matins. 

Et pourtant... 

Et pourtant c'est dans le creux de mes jambes qu'elle vient se blottir et ronronner le soir, au grand dam de ma belle.

Plus que sa tambouille, elle aime mes caresses. 

jeudi 28 mars 2024

L'argent des pauvres





Ah la bonne idée que voilà ! L'idée de génie ! Il n'y a plus de thunes dans les caisses ? Allons piquer l'argent des chômeurs ! Même ceux de plus de 55 ans que les entreprises s'arrachent comme chacun sait ! Celui des malades de longue durée !

Remarquez que l'idée n'est pas nouvelle. Depuis Alphonse Allais nous savons qu'il faut toujours aller chercher l'argent là où il se trouve : chez les pauvres.

Il faut redonner aux gens le goût du travail, prendre exemple sur l'Allemagne. L'Allemagne ? Excellent exemple ! L'Allemagne est ce pays qui n'a pas délocalisé ses entreprises (elle commence seulement à le faire en raison du coût de l'énergie). L'Allemagne est ce pays qui n'a pas désindustrialisé, qui a donc encore des jobs à proposer et même mieux que des jobs. En comparaison notre économie fait pâle figure... tout le monde ne pourra pas faire la plonge dans les arrière-salles des restaurants. Sans compter que ces boulots, comme ceux du bâtiment, bien ingrats, sont déjà préemptés. 

Pouvait-on imaginer d'autres pistes, comme réduire le coût de l'immigration ? Faire en sorte que la France ne soit plus l'hôpital du monde ? Que n'importe qui débarquant à Roissy ait les mêmes droits qu'un Français ? Vous n'y pensez pas ! Nous avons des valeurs !

Non, décidément il est beaucoup plus simple d'appauvrir toujours plus les Français qui n'en peuvent mais.

Jusqu'où ?