Au Lucernaire nous fûmes accueillis, ma belle et moi par... La Belle et la Bête. Le Lucernaire est un petit complexe composé d'un théâtre et de trois salles de cinéma. Nous étions là pour le film "le Fil", de et avec Daniel Auteuil. La salle, minuscule avec de confortables fauteuils bigarrés, était des plus intimistes.
Le film est tiré d'une histoire vraie, racontée SUR CE BLOG par l'avocat (aujourd'hui décédé)* qui fut partie prenante au procès en qualité de défenseur de l'accusé.
L'intrigue repose sur l'accusation de meurtre sur sa femme d'un homme qui a tout du bon nounours, du bon père de famille, que l'on imagine mal dans le rôle d'un assassin. Daniel Auteuil va se convaincre de son innocence et mener le combat afin d'obtenir l'acquittement de son client. Il ne doute pas une seconde de l' issue du procès, d'autant que les preuves manquent. Ces dernières consistent essentiellement en un petit bout de fil, un soupçon de fil accusatoire, trouvé sous un ongle de la défunte épouse. Envoie-t-on pour si peu derrière les barreaux un homme dont la place auprès de ses enfants serait plus indiquée ?
Le scénario est parfait, de ce côté là rien à dire.
C'est sur la forme que j'émettrais quelques réserves. Nous savons bien que les tréfonds de l'âme humaine peuvent être d'une noirceur insondable. Pour autant était-il judicieux de se priver d'un directeur-photo et d'une paire ou deux d'électros ? Tout le film se déroule dans un clair-obscur qui finit par être lassant. De la même façon nous avions bien compris dès le commencement le(s) flou(s) entourant l'affaire, et il n'était pas nécessaire d'appuyer le propos en négligeant de faire le point un plan sur deux... Ces partis pris "esthétiques" rendent le visionnage inconfortable.
En dehors de ces critiques d'ordre technique, sans être le chef-d'œuvre de l'année, "le Fil" se laisse voir avec bonheur avec une fin inattendue...
* Blog qu'il tenait avec beaucoup d'humour et qu'il est intéressant de parcourir.
LE BILLET DE BLOG duquel est tiré le scénario du film.
J'ai vu le film : comme vous le flou et le manque de lumière m'ont un peu gênée, dans la foulée j'ai découvert Maître Mô, lu le guet-apens et écrit sur mon blog un texte intitulé "le fil"...
RépondreSupprimer😊
B.
Et on peut le lire où votre billet de blog ?
SupprimerQuelque part dans l'océan des blogs...
RépondreSupprimerArf... C'est pas comme ça que vous allez être connue... 😏🙄😀
SupprimerMercredi 25 septembre 2024
SupprimerLe fil
Je suis sortie la première de la salle de cinéma, dès le début du générique de fin, la salle n’était pas encore rallumée…
J’étais talonnée par une autre spectatrice.
« Le fil* » était projeté dans la grande salle de l’Apollo, nous étions seulement quatre spectatrices à la séance de 18h30 hier soir.
La jeune femme qui me suivait m’a adressé la parole dès que nous avons franchi le dernier sas vers l’extérieur.
-« Je ne sais pas vous, mais moi, ce film m’a troublée, je ne m’attendais pas à un tel dénouement… »
Moi aussi j’en sortais assez perturbée, mais je l’étais déjà avant d’y entrer…
En allant voir un film de procès je savais que ça n’allait pas me détendre, mais je m’étais dit : « Autant soigner le mal par le mal ! ».
Nous avons fait un bout de route ensemble jusqu’à sa voiture puisque nous allions dans la même direction, moi j’étais à pied, marcher me fait du bien quand je suis stressée.
Elle en avait gros sur le cœur de s’être laissée avoir, elle en était toute contrariée, presque effarée…
« J’aime bien les histoires de procès, mais là, j’avoue que je n’ai rien vu venir !… »
Moi aussi je m’étais fait avoir par cette fin doublement déroutante mais comme j’ai tendance à « voir le mal partout », surtout en ce moment, je n’étais pas non plus abasourdie.
Nous avons encore échangé nos impressions sur le film, sur les acteurs, leur interprétation…
Je lui ai dit que cette année j’avais vu plusieurs films de procès, inspirés de faits divers.
J’ai parlé d’un film avec Auteuil, encore lui, et Emmanuelle Devos qui m’a beaucoup marqué, « Un silence », le titre m’est revenu in extremis…
Nous nous sommes souhaitées une bonne soirée.
« On va essayer de penser à quelque chose de plus léger ! » m’a-t-elle lancé avant de monter dans sa voiture.
Finalement, moi, au contraire, c'est peut-être du lourd qu'il me faut pour me détourner de mes soucis personnels, pour relativiser ?
Il était 20h30, la nuit était tombée, grâce à ce film dérangeant, à cette rencontre, je me sentais un peu moins oppressée en rentrant chez moi.
* «Un récit aussi incroyable que glaçant»: la véritable histoire derrière Le Fil, le dernier film de Daniel Auteuil (lefigaro.fr)