samedi 6 juin 2026

Partageons la route

 



Depuis l'avènement du vélo électrique, les routes de mon bas-Vivarais sont de plus en plus encombrées. Tout le monde désormais a droit à sa balade sur la petite reine. Jeunes et moins jeunes, voire même des presque vieillards, qui vous grimpent des côtes à 30% en file indienne, en chantant "Ramona". Les routes étant par ici très sinueuses, et la visibilité quasi nulle, ils nous obligent, nous autres pauvres automobilistes pollueurs, à rouler d'un train de sénateur, en attendant la brève opportunité, à mater leur fessiers moqueurs, qui roulent bord sur bord sur de minuscules selles sodomites. Il m'arrive d'avoir des envies de coups d'accélérateur, de collisions dantesques, d'un grand nettoyage par le fossé. Mais Fredi, qui est un garçon raisonnable et bienveillant, qui n'a en lui aucune once de méchanceté et la vie devant lui, se dit que le village où il se rend sera toujours là, même avec 10 minutes de perdues. 

vendredi 5 juin 2026

Plaisirs et déboires à "S"

 



Voilà près de 10 jours que je suis à"S".J'y suis dans un infini isolement, comme si l'isolement naturel des lieux n'était pas suffisant. Depuis toujours, depuis ce jour où mes beaux-parents ont acheté cette ferme qui tombait ruine, nous avons toujours été reliés avec le monde. Dès le début des travaux de rénovation, les PTT de l'époque ont installé ici le téléphone. Et, aussi loin que je me souvienne, bien avant que n'arrive Internet, jamais nous n'avons été coupés du monde. Nous avons bien vécu quelques orages, nous privant un soir d'été d'électricité et de téléphone. Mais tout était rétabli, j'en témoigne, en moins de 24 heures. L'électricité comme la téléphonie étaient encore des services publics. Puis tout cela a été privatisé, au grand bénéfice de société comme SFR, Orange, et toute une myriade de prédateurs sortis de nulle part, trop heureux de se partager le gâteau, de se partager ce qui était notre bien commun. Il y a 10 jours, donc, je suis arrivé à "S". S'il y avait bien encore de l'électricité, il n'y avait plus ni téléphone ni internet. J'écris ce billet sur ma terrasse grâce à une 4G vacillante, incertaine, furtive. Ayant contacté mon opérateur je me suis en entendu répondre que la réparation ne pourrait intervenir que dans 10 à 15 jours. En attendant le feu peut bien envahir les collines, tout autant qu'il peut bien m'arriver un déboire médical, et pourquoi pas,  comme le veut l'époque, me faire agresser par une horde barbare. Personne n'en saura rien. Voilà le bénéfice du tout libéral.

Ces déboires m'ont fait redécouvrir un meuble oublié, pourtant fabriqué de mes mains : ma bibliothèque. Elle est assez riche, garnie par mes soins, ceux de fiston et de quelques amis (tiens, tu liras ça, ça devrait te plaire...).

Moi vous me connaissez, je suis un homme simple. Ne comptez pas sur moi pour me lancer dans la lecture des grands philosophes, des essais un peu tortueux, pourtant bien représenté dans mes rayons*. Et puis, sans me vanter, j'ai le sentiment orgueilleux qu'ils n'ont rien à m'apprendre. Alors je me suis rabattu sur des choses plus légères, comme un Simenon, "Maigret à New York", "Jean de Florette" et "Manon des sources" de Pagnol, un vieux San A, "l'Archipel des Malotrus", et "À rebours", de Huysmans.

L'autre soir j'ai pu mesurer la difficulté de passer de Pagnol à Frédéric Dard. La nuit n'était pas encore là quand je refermais "Manon des sources" et passais sans transition à "l'Archipel des Malotrus". Je n'aurais pas dû. C'était trop brutal. J'avais encore en tête les images de la garrigue, le chant des cigales, ces personnages, si humains dans toutes leurs bassesses et grandeurs, que Claude Berry a si bien restitués. Malgré toute l'estime et l'affection que j'ai pour Frédéric Dard, j'ai refermé le livre et suis allé me coucher, un peu en avance sur l'heure habituelle.

 le technicien doit passer un jour ou l'autre, demain peut-être, ou plus tard, ou jamais, quand il le voudra quand il le pourra, mais finalement ai-je vraiment besoin de lui ?

Tiens... la 4G vient de passer derrière la colline, en même temps que le soleil...

* En revanche, dès que l'on voudra bien me restituer un peu de réseau, je commanderai sur Amazon "l'Amitié" de Cicéron, recommandé par Michel Onfray. Le sujet me plaît.

jeudi 30 avril 2026

À cœur vaillant rien d'impossible *


*Jacques Cœur 


Ma belle et moi, comme nous l'avions fait avec Lille, nous sommes offerts une petite excursion dont le principe est simple : partir pour une destination qui nous est inconnue et un un jet de pierres de Paris, soit pas plus de 2 heures de train. Cette fois-ci c'est à Bourges que nous nous sommes rendus. D'aucuns hausseront les épaules. Bourges... Pas très glamour tout ça. Et pourtant c'est une balade assez dépaysante et riche en découvertes. Prenez le palais Jacques Cœur par exemple. C'est tout simplement une merveille d'architecture. Et la cathédrale Saint-Étienne, datant du 12e et 13e siècle tout simplement impressionnante dans ses proportions sa largeur et sa hauteur, ses enfilades de colonnes. Elle est si monumentale qu'il m'a été impossible de trouver le recul suffisant pour la photographier (la vérité m'oblige à dire que j'avais oublié la fonction grand angle de mon appareil...). Et puis il y a les marais de Bourges (photo en tête du billet). Presque 15 hectares de calme et de volupté.

Question gastronomie c'est pas mal non plus. N'oublions pas que nous sommes là à proximité de vignobles célèbres : Quincy, Reuilly, Sancerre. Le Reuilly est particulièrement délicieux. Au Comptoir de Paris, place Gordaine, j'y ai dégusté une andouillette quintuple "A" comme jamais je n'en avais mangé.

Trois petites journées, sous un généreux soleil de printemps, et déjà une question : quelle sera notre prochaine destination.








vendredi 17 avril 2026

Humour


Quand on pense que pour faire des Têtes de Nègre, il faut battre des blancs au fouet !  

Ça rend les polémiques bien inutiles. 

dimanche 22 mars 2026

La sortie parigote




Quoi de plus parigot, par un beau dimanche de printemps, que d'aller manger des moules-frites aux puces de Saint-Ouen ? C'est ce que nous avons fait, ma belle et moi, après avoir accompli notre devoir électoral of course.

Partis de notre 14ème, nous avons rejoint Garibaldi par la ligne 13.

À garibaldoche la sortie du métro se fait devant un McDo. Je précise pour ceux qui connaissent le coin et n'y seraient pas revenus depuis longtemps. Jusqu'au milieu des années 80 c'était un bar-tabac, notre repaire à mon pote Steph et moi. Car oui je fus, durant deux petites années, moi aussi un audonien. C'était juste avant de connaître ma belle, et de quitter la zone pour des quartiers plus sûrs pour une belle fille comme elle. Rue Kléber, rue des Rosiers, rue de la Gaîté rue des Bons-Enfants... Ça s'est un peu embourgeoisé le coin : des restos, des petits bars sympathiques qui n'existaient pas quand je crêchais là. Malgré tout il a fallu que nous tombions sur une bagarre très violente, deux protagonistes qui, pour une raison inconnue, se foutaient sur la gueule sans ménager leurs efforts au beau milieu de la rue. L'un d'eux eut le dernier mot d'une droite phénoménale qui envoya par terre son adversaire, dont la tête rebondit sur le bitume. KO, sonné, avec peut-être quelques dents en moins tant la frappe fut dantesque, il lui fallu l'aide de deux personnes pour se relever, chancelant, dans le cirage. Ma belle a été choquée de cet épisode. Pour autant je maintiens qu'il règne dans ce quartier, du côté du marché Paul Bert, une certaine tranquillité. Côté périphérique c'est moins vrai. 

Le restaurant, où il m'était arrivé de déjeuner à une table d'Alain Madelin et de son chien Nietzsche, ne servait pas de moules. Nous nous sommes donc rabattus sur le "Petit Navire", plus en profondeur des puces. Au soleil, un carafon de Muscadet au frais, nous nous sommes régalés de moules qui, même si elles n'étaient pas de bouchot (pas la saison) se sont révélées succulentes. 

Puis nous sommes entrés dans Paris par la porte de Clignancourt, avons marché jusqu'à la rue Ordener où il y avait... un vide grenier. Vide grenier qui fit le bonheur de ma belle, avant de nous engouffrer dans le métro Guy Moquet. 

Oui vraiment ce fut une bien belle journée. 



mardi 17 mars 2026

Aphorisme nocturne et désabusé


Si Eric Ciotti ou Laure Lavalette perdent leur pari, je serai attristé. 

Si Christian Estrosi gagne le sien, je serai horrifié.


mardi 3 février 2026

La voie


Il y a désormais tant de voix, qui hurlent de partout, que la seule voie possible et salutaire qu'il nous reste, est le mutisme, le silence. 

vendredi 30 janvier 2026

On en voit de belles à Paris !


🎶Dans Paris à vélo on dépasse les autos

À vélo dans Paris on dépasse les taxisDans Paris à vélo on dépasse les autosÀ vélo dans Paris on dépasse les taxis🎶

En revanche ne me demandez pas c'est quoi l'modèle (moi aussi je sais parler d'jeune...) 




mardi 27 janvier 2026

Municipales à qui le tour ?

 



Pour un parigot de Paris et de sa banlieue, les prochaines élections municipales se présentent mal. Entre Rachida Dati qui fait son oie blanche, dissimulant ses magouilles d'avocate et ses accointances avec le Qatar, Grégoire, le fils caché d'Anne Hidalgo, qui trouve qu'elle n'est pas allée assez loin dans le bousillage de Paname, Sarah Knafo qui s'invite pour l'occasion comme à une table de poker et fait tapis, la gonzesse de Mélenchon qui a des Black Bloc à recaser dans la police municipale ou la sécurité privée, l'électeur est bien embarrassé et se gratte la tête. Il y a bien le discret Mariani, si discret que pour le moment on ne l'entend pas encore, qu'on ne lui tend pas les micros. 

J'ai bien un candidat de premier tour. 

Pas sûr d'en avoir un pour le second. 

lundi 19 janvier 2026

Un jour...

 




"Un jour une fatigue insupportable prend possession de nos corps et de nos pensées. Ce n'est pas une maladie, et cela n'a rien à voir avec l'âge, les voyages, un chagrin, c'est une inaptitude soudaine à espérer. Comme si, soudain, le monde n'était plus la fabuleuse devanture devant laquelle il y avait eu un plaisir extrême à flâner et à désirer. Cette fatigue n'est pas une fatigue, c'est un ennui, une mélancolie sans cause, indéfinissable, provoquée par rien. Comme si le cerveau et les rêves avaient perdu la suite du programme, ou étaient définitivement parvenus à la fin de celui-ci."

Yves Simon" La manufacture des rêves "

vendredi 16 janvier 2026

L'hymne à la vie


C'est un DVD, acheté 1 € à tout casser, dans un vide-grenier ou une ressourcerie. Il traînait sur mes étagères, oublié, négligé. Un film, et c'est à peine croyable, sorti en 1968 (1968 !!! J'avais sept ans !!!)*. La jaquette, d'ailleurs assez sophistiqué pour un DVD, dit : "ce film n'a pas pris une ride".

Et comment ! 

Je ne sais pas combien de pipes d'opium, ou d'acides, avait pris Stanley Kubrick pour nous entraîner dans son rêve visionnaire, son délire onirique. Mais tout est là, l'IA qui prend le contrôle sur nos vies, la vie de la station spatiale, qu'il faut d'urgence débrancher pour survivre, pour l'avoir confiée à des algorithmes. Et  surtout notre belle planète bleue qu'il faut ensemencer, du plus loin des étoiles.

Magnifique film qui, à l'heure de Grok et de ChatGPT, nous rappelle que nous aurions tort de confier notre intelligence et notre destinée à un ordinateur.

* Et si d'ailleurs en 1968 on était capable d'imaginer l'intelligence artificielle, j'ose à peine imaginer, j'en suis incapable, ce qui se trame dans les cerveaux de 2026.

samedi 10 janvier 2026

L'année prochaine à Téhéran



Bannie, où que tu sois, je pense à toi, et je suis bien certain que les images qui te parviennent de ton pays te réjouissent.

Je t'embrasse, et j'aimerais te dire "l'année prochaine à Téhéran".


https://x.com/i/status/2009890389407195243