samedi 5 septembre 2026

Nicolas Jegou




60 ans... 

Nicolas, qu'il m'autorise là où il est à l'appeler par son petit nom, est mort.

C'est au détour d'un commentaire sur le blog de <a href=https://vudescollines.blogspot.com/2026/09/une-greve-irresponsable.html?m=1>JE </a> (qui lui est un revenant) que j'ai appris la nouvelle. 

J'aimais parcourir ses blogs, j'aimais lui apporter, tenter de lui apporter, la contradiction. Mais c'est peu dire que nos échanges manquaient de courtoisie, de cordialité. Nous nous insultions copieusement, généreusement. Il me saquait, supprimait mes commentaires. Je pense que je n'y suis pas pour rien si un jour il a décidé de filtrer les commentaires. Alors j'usais, pour lui dire ses quatre vérités, de stratagèmes, de pseudonymes nombreux et variés. Était-il dupe ? Par son métier il devait lui être facile de deviner qui se cachait derrière "Maxime", "Antoine" etc... Mais ça passait.

La faucheuse ces derniers mois est impitoyable avec les blogueurs. Maxime Tandonnet, Didier Goux  (celui qui m'a donné envie de bloguer), et aujourd'hui Nicolas. Et ça me rappelle un débat déjà ancien sur la fin des blogs, la mort des blogs. Pour moi tenir un blog est une activité de vieux, ou disons de personnes d'un certain âge, attachées à la forme du journal, au côté littéraire du format. Les jeunes ne tiennent pas de blog, ils lui préfèrent la forme plus instantanée, plus racoleuse, des plateformes, où ils peuvent se mettre en scène quelques secondes. les jeunes préfèrent l'image au verbe.

C'est pourquoi il est faux de dire que les blogs se meurent ; ce sont leurs créateurs qui passent l'arme à gauche. Et c'est désolant car le blog finalement, était une transition inespérée entre l'écrit de toujours, et l'avènement numérique. Il n'aura pas résisté au déferlement ordurier, à la puissance et à la tentation des algorithmes. Le numérique est une succession de 0 et de de 1 ou toujours le 0 triomphe.

Nicolas est mort donc, sans que jamais je n'ai pu l'apercevoir, discuter cinq minutes avec lui, à la Comète, où il m'arrivait de m'arrêter pour prendre un verre. Nos échanges resteront à jamais virtuels. Mais j'ai l'impression de bien l'avoir connu. 

Qu'il repose en paix. 

<a href=https://actu.fr/bretagne/loudeac_22136/nicolas-jegou-blogueur-citoyen-de-loudeac-est-mort_64418197.html>Un article dans un journal local de sa Bretagne qui lui rend hommage.</a>

PS : si quelqu'un peut me dire ce qui cloche dans mes liens hypertexte... 

Un blogueur qui commence à se faire vieux... 

mardi 25 août 2026

Le legs d'Emmanuel Macron




Que l'on aime ou que l'on n'aime pas (moi personnellement j'aime plutôt), il y en a qui ont laissé la pyramide du Louvre, le musée d'Orsay ou celui du quai Branly. Ou encore ce truc, qui est fermé pour restauration, ce musée des arts modernes que l'on doit à Pompidou, qui finit avec le temps par être respectable.

Lui a choisi de nous laisser un parc d'attraction pour débiles mentaux. Son idée de la France. 

C'est dire en quelle estime il a porté ses concitoyens pendant une trop longue décennie. 


dimanche 23 août 2026

Au Louvre





S'il y a un endroit qui offre un démenti cinglant à tous ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de culture française, voire de culture européenne avant cette saloperie de Bruxelles, c'est bien le Louvre. Le Louvre c'est un formidable coup de pied au cul à tous ceux qui prennent plaisir à renier leurs racines.

Après avoir gambadé sur les remparts de Saint-Malo, de retour à Paris, nous avons, ma belle et moi, parcouru les galeries du Louvre.

Descendus au métro Palais Royal, il m'a fallu la suivre au pas gymnastique. Elle galopait se faufilait, faisant peu de cas de la circulation rue de Rivoli, heureusement assez limitée en cette période de l'année. On aurait dit un petit équidé qui sentait l'écurie. Il faut dire qu'au Louvre elle est, pour des raisons qui lui sont personnelles, un peu chez elle. Elle sait tout de cet endroit, des fondations Philippe Auguste, jusqu'à l'érection de la pyramide de Pei en passant par le casque de Charles VI le Fou.

Il y a tant de choses à voir au Louvre, de la cour des chevaux de Marly, jusqu'à ces salons d'apparat de l'aile Richelieu, dont il fut si compliqué de virer Balladur, en passant par la galerie d'Apollon. Galerie d'Apollon, qui depuis le traumatisme du casse du siècle, est entièrement vide, n'a plus la moindre joncaille à voler, n'est plus qu'une galerie de portraits de tous ces rois qui ont fait la France. Un vide très fréquenté, presque plus que la salle de la Joconde. Je ne vais pas ici jeter la pierre à tous ceux qui venaient "pour voir", puisque nous en étions.

Mais si nous sommes venus au Louvre en ce dimanche, ce n'était pas pour revoir ce que nous connaissions déjà, mais pour le triptyque du maître de Moulins, restauré et exposé ici pour quelques jours. C'est, d'après ma belle, probablement la seule représentation de la Vierge Marie qui semble en lévitation entre ciel et terre.

Nous sommes ressortis du musée par le jardin des Tuileries, et avons regagné la rive gauche par le pont des Arts, jusqu'à l'Institut et l'emplacement de l'ancienne tour de Nesle. L'histoire de la tour de Nesle, j'aurais bien voulu vous en parler ici, moi qui ne la connaissais pas il y a peu. Pourtant je connais François Villon, qui en parle dans l'un de ses poèmes, pourtant je connais bien Brassens, qui chante François Villon, "Mais où sont les neiges d'antan". Mais j'aurais fait trop long. Je vous laisse découvrir ailleurs, c'est facile, la Tour de Nesle, qui a donné une expression pour exprimer le courage: "aller à la tour de Nesle". 











samedi 22 août 2026

On nous a vus à Saint-Malo




C'est bien joli Saint-Malo, ses ruelles pavées, ses remparts, sa petite halle aux blés, ses portes de Dinan et de Saint-Vincent. Mais plus jamais je n'y retournerai. Et surtout pas au mois d'août. Saint-Malo au mois d'août c'est tout simplement l'enfer. Cette foule, cette foule... Montmartre en comparaison est quasiment désertique. Et ces remparts justement, donnent l'impression d'être emprisonnés avec une multitude que d'ordinaire on fuirait. On étouffe littéralement. Quant à la gastronomie locale il y aurait beaucoup à dire, mais ce serait trivial. Disons que le touriste de passage est vraiment pris pour un dindon à plumer sans égard ni ménagement, que certaines adresses mériteraient la visite de la répression des fraudes... C'est fou de penser que ce genre d'endroit est un aimant à gogos. Et pendant ce séjour de quelques jours, je me suis senti un gogo. C'est une impression très désagréable que d'être pris pour un gogo. Nous avions choisi, ma belle et moi, ce petit port pour nous rapprocher de fiston, sa belle, et leurs deux enfants qui avaient fui la canicule de leur Balagne pour trouver un peu de fraîcheur en Bretagne. Si nous avions su nous aurions pris le TGV Paris - Saint-Malo pour y louer, comme nous l'avons fait, une voiture, et nous aurions pris dare-dare la direction de Cancale. Ha Cancale... voilà un bord de mer qui ne se la pète pas ! Huîtres pour quelques euros les pieds dans l'eau, et verre de muscadet offert !

Dinard en revanche ce n'est pas pour moi : je n'ai pas le standing. Nous y avons quand même mangé dans un excellent restaurant qui s'appelle, ne riez pas, le Pic à Bulot. Excellent choix mais grande attente.

Autre étape charmante, le village de Bécherel, qui se mourait au milieu du siècle dernier, avant que deux femmes décident d'en faire un village à thème, en l'occurrence le livre. Des librairies de livres anciens il y en a partout, c'est même l'activité principale du village. Même le bar tabac s'est pris au jeu et s'est baptisé d'un jeu de mots : "Les Mar-Mots". Mais cette initiative heureuse, qui a redonné vie aux vieilles pierres, fait de ce village une curiosité, pas réellement un endroit authentique.

En résumé, amis voyageurs, "Étonnants voyageurs", fuyez comme la peste Saint-Malo, préférez-lui n'importe quel autre endroit dans la région dont vous n'avez jamais entendu parler : vous y goûterez meilleure tranquillité.










lundi 3 août 2026

Elle se marre



Elle se marre. 

À "S" elle voit tout, entend tout. 

Elle sait tout de nos menus, de nos joies, nos engueulades, nos inquiétudes. 

Et, avec son sourire en coin, narquois, elle se marre. 

samedi 25 juillet 2026

Dans les feux


L'ère Macron a commencé dans le feu des gilets jaunes, dans le feu de Notre Dame, elle se termine dans les feux de Lacanau.

https://x.com/i/status/2080948871392366870

vendredi 24 juillet 2026

Prévention incendies




À l'instant sur LCI je vois une intervenante qui fait la promotion des petits cendriers de poche pour éviter de jeter son mégot par la fenêtre. Tout à l'heure encore j'entendais sur une radio de service public un message du ministère de l'intérieur rappelant les gestes de précaution comme, précisément, ne pas jeter son mégot par la fenêtre. Tout cela est de bon sens bien évidemment, et il faut être un grand malade pour jeter sa clope dans la garrigue quand il fait 45 degrés à l'ombre.

Mais, mais, les très jolies voitures que l'on nous propose désormais à la vente, celles qui vous appellent par votre petit nom quand vous tournez la clé de contact, ne disposent plus de cendrier. Par dogmatisme ou idéologie anti-tabac, on a renoncé à cet accessoire. Pourtant, des fumeurs de tabac (ou d'autres choses), il y en a encore, et il y en aura toujours.

Message aux constructeurs automobile: réintroduisez de toute urgence les cendriers dans les voitures, peut-être que quelques abrutis n'auront pas alors l'idée de jeter leurs mégots par la fenêtre et nous épargneront quelques incendies.


samedi 18 juillet 2026

Ayez confiance




On ne voit pas grandir ses enfants. Hier encore ils étaient à la maternelle, fêtes des écoles, anniversaires gâteau au chocolat et ballons multicolores.

Et aujourd'hui ce sont des hommes. Ils ont appris à décapsuler les canettes de bière avec un briquet, savent allumer un barbecue, connaissent mieux que moi la recette de la côte de bœuf à la moutarde. Quand ils discutent avec leurs potes, ils ont un air grave et pénétré, échafaudent les meilleures hypothèses pour faire un maximum de blé en un minimum de temps, envisagent les destinations à travers le monde les plus favorables pour fuir l'enfer fiscal à la française. " le Canada c'est pas mal, mais tu n'as pas intérêt à avoir un pet de travers, sinon là tu raques un max". "si tu veux te faire du blé rapide, c'est en Australie qu'il faut aller, mais les jobs proposés c'est vraiment des trucs de mercenaires".

C'est sérieux je trouve, ça ne rigole pas beaucoup, ça sent l'inquiétude du lendemain, la crainte d'un horizon bouché. Le boomer que je suis redoute la pluie de reproches... Il me semble qu'à leur âge nous étions bien plus insouciants, c'est vrai. De là à me sentir coupable...

Fiston est à "S" avec ses potos, et j'ai envie de leur dire "ayez confiance".

Que puis-je faire de plus ? 

dimanche 12 juillet 2026

L'histoire de mammy rabbit

 



L'histoire de mammy rabbit, et des lapins des Invalides, que l'on peut encore apercevoir aujourd'hui : 


"Pendant l’Occupation, la famille Morin vivait aux Invalides, où Georges Morin travaillait comme fonctionnaire à l’Office national des Anciens combattants (ONAC). Avec sa femme Denise Morin et leur fille Yvette, ils s’engagent dans un réseau de résistance (Action Vengeance de la France Combattante). Entre 1942 et 1944, ils cachent aux Invalides plus d’une centaine (environ 130 selon certaines sources) d’aviateurs alliés — principalement britanniques, américains et canadiens — dont les avions avaient été abattus. Ils leur fournissaient de faux papiers et les aidaient à s’évader vers l’Espagne ou l’Angleterre.

Pour nourrir ces hommes sans éveiller les soupçons des Allemands (la nourriture était rationnée et les mouvements suspects), Denise Morin élève des lapins. Les aviateurs la surnomment affectueusement « Mammy Rabbit » (Maman Lapin). Les lapins servent à la fois de couverture (élevage « légitime » pour la consommation) et de ressource alimentaire discrète.

Malheureusement, la famille est trahie et arrêtée par la Gestapo le 5 juillet 1944. Ils sont déportés. Georges Morin ne reviendra pas (il meurt en déportation), tandis que Denise et Yvette survivent et rentrent après la Libération. Une plaque commémorative honore aujourd’hui l’action de Georges aux Invalides. 

Quant aux lapins actuels (des lapins de garenne sauvages, plusieurs centaines à certains moments), leur présence sur les pelouses de l’esplanade des Invalides n’est pas directement liée à ceux élevés par Denise Morin pendant la guerre. La colonie moderne a une origine plus récente et incertaine, mais l’histoire de « Mammy Rabbit » leur donne une dimension symbolique forte : ils rappellent le courage de cette famille résistante. Les lapins sont devenus une curiosité parisienne, même si leur prolifération a parfois posé problème (dégâts aux pelouses, débats sur leur capture ou leur protection).

C’est une belle histoire qui mélange résistance, ingéniosité et un clin d’œil animalier au cœur de Paris, près du tombeau de Napoléon."


vendredi 10 juillet 2026

Impitoyable nature

 


J'ignore ce qu'il a bien pu lui arriver à cette petite fouine, en tout cas ce n'est pas moi qui lui aurais roulé dessus par mégarde. Je l'ai retrouvée, tache brune inhabituelle, dans la petite côte qui monte à la terrasse. Hier soir je suis passé plusieurs fois par ce chemin, pour aller arroser les arbres : elle ne s'y trouvait pas. Peut-être qu'une couleuvre verte, comme celle que j'avais surprise en train d'étrangler une souris dans la grange une année, serait-elle la coupable ? Il y a ici ce genre de couleuvre, assez impressionnante, que l'on nomme la couleuvre verte de Montélimar. Au Vivarium du Jardin des Plantes de Paris elle y est répertoriée. Il est assez rare de la rencontrer, mais je l'ai vue effectivement dans ses œuvres, il y a quelques années :

https://youtu.be/NJa_IQvatVI?feature=shared

jeudi 9 juillet 2026

La saison des amours




Depuis que je suis à "S" il se produisait tous les soirs un phénomène étonnant, au moment d'éteindre les lumières, dans ce grand salon que j'ai choisi pour y passer mes nuits. Sur le sol s'allumaient de petites lumières fluorescentes, vertes, jaunes, et composaient comme un ciel étoilé. Ça n'était pas pour moi une découverte, je reconnaissais là ce que l'on nomme abusivement des vers luisants. Mais, cette année, ils n'étaient pas quelques-uns, égarés sur la terrasse ou sur les coteaux de mon chemin : ils envahissaient ma maison, éclairaient les plinthes, les recoins des murs, et jusque sous ma table de nuit. J'en parlais à ma belle. Mine de rien elle s'y connaît en bestioles, elle qui a épinglé, enfant, tant de papillons sur des morceaux de carton, elle qui reconnaît un Lucane s'envolant à la nuit tombante, ces Lucanes que mes fistons appellent des Jésus, car ils ont la particularité de voler à la verticale, les ailes en forme de croix.

"Tu dois être arrivé dans la période nuptiale me dit-elle, et les femelles allument les mâles de cette façon pour les attirer".

Des mâles un peu bigleux, j'imagine, qui sinon seraient passés à côté de leur belle. En somme elles font des appels de phares, un peu comme les... non rien.

"Que l'on nomme abusivement des vers luisants", disais-je plus haut, et en effet il ne s'agit pas de vers, mais bien de coléoptères. La bestiole est assez peu ragoutante. Au matin, quand la lumière du jour revient, elle ressemble à une grosse crotte de souris, et sa consistance, molle, répugne. Du balai j'en poussais un bon nombre dans la pelle, que je jetais ensuite par la fenêtre.

Et puis tout cela a pris fin. Un soir il n'y eut plus de petits points lumineux sur le sol de ma maison, qui était redevenu sombre comme un soir sans lune et sans étoiles. L'étrange Voie Lactée s'était éteinte.

La saison des amours était terminée.

mardi 7 juillet 2026

2027


En 2027, comme toujours, je serais allé voter.

En 2027 j'irai voter. 

Avec le sourire. 

Canicule




... La saison allait en se détraquant ; toutes se confondaient, cette année-là ; après les rafales et les brumes, des ciels chauffés à blanc, tels que des plaques de tôle, sortirent de l'horizon. En deux jours, sans aucune transition, au froid humide des brouillards, au ruissellement des pluies, succéda une chaleur torride, une atmosphère d'une lourdeur atroce. Attisé comme par de furieux ringards, le soleil s'ouvrit, en gueule de four, dardant une lumière presque blanche qui brûlait la vue ; une poussière de flammes s'éleva des routes calcinées, grillant les arbres secs, rissolant les gazons jaunis ; la réverbération des murs peints au lait de chaud, les foyers allumés sur le zinc des toits et sur les vitres des fenêtres, aveugla ; une température de fonderie en chauffe pesa sur le logis de Des Esseintes. 

À moitié nu, il ouvrit une croisée, reçut une bouffée de fournaise en pleine face ; la salle à manger, où il se réfugia, était ardente, et l'air raréfié bouillait. Il s'assit, désolé, car la surexcitation qui le soutenait, depuis qu'il se plaisait à rêvasser, en classant ses livres, avait pris fin.

Semblable à tous les gens tourmentés par la névrose, la chaleur l'écrasait ; l'anémie maintenue par le froid, reprenait son cours, affaiblissant le corps débilité par d'abondantes sueurs.


Huysmans, À rebours 

mercredi 1 juillet 2026

65





En ce 1er juillet, votre serviteur entre officiellement dans cette dernière étape que l'on appelle la vieillesse. Car même si 65 ans c'est encore jeune, tout le monde s'accorde à dire que c'est l'âge où commence l'hiver.

Le premier juillet 1961 jouaient hautbois résonnaient musettes pour célébrer mon arrivée en ce bas monde, tandis que les cloches de Saint-Nicolas-du-Chardonnet sonnaient le glas pour un personnage admiré, haï : Louis-Ferdinand Céline. C'était un jour comme aujourd'hui, trop chaud, la Bretagne enregistrait des records de températures.

Sur mon carnet de santé le médecin, qui avait accompagné ma venue au monde, notera : "né étonné, crie après quelques instants".

Étonné je le suis encore, étonné des chances que la vie a bien voulu m'offrir.

J'ai 65 ans, mais dans ma tête j'en ai toujours 20, quelque part sur une plage de Martinique.

lundi 22 juin 2026

Citation 2


"Enfin, il haïssait, de toutes ses forces, les générations nouvelles, ces couches d'affreux rustres qui éprouvent le besoin de parler et de rire haut dans les restaurants et dans les cafés, qui vous bousculent, sans demander pardon, sur les trottoirs, qui vous jettent, sans même s'excuser, sans même saluer, les roues d'une voiture d'enfant entre les jambes."

Huysmans, À rebours

On remplacera la voiture d'enfant par une trottinette, et le parler haut par ceux qui nous partagent leurs conversations téléphoniques dont nous n'avons rien à faire, en tous lieux et tous moments, sans plus se soucier de notre tranquillité. À part cela rien n'a changé.