Moi, c'est bien simple, quand je veux me déplacer dans mon antique carrosse, je vais à la station la plus proche et je fais le plein d'un carburant, très carboné je l'avoue. Si je ne fume pas de Gitane maïs, je gave ma voiture aux énergies fossiles. Il paraît que c'est mal, mais j'ai tendance à m'en foutre, à ne pas culpabiliser, quand je vois nos voisins allemands et leurs centrales à charbon, l'Inde et la Chine, sans même parler de l'Amérique, qui sont contrefoutent de leur bilan carbone et nous regardent d'un air méprisant. Faut-il rappeler que la France en matière d'émissions à effet de serre est plutôt une excellente élève et ce depuis longtemps ? Que les sermons que nous entendons régulièrement ne sont là que pour faire la part belle aux lobbies du renouvelable ?
Pourquoi je vous raconte tout cela ?
Un très cher ami est venu me tenir compagnie à "S". Il est arrivé ici dans une voiture flambant neuve, une voiture entièrement électrique, pas même une hybride, qui aurait été pour lui une insulte au progrès dont il veut à tout prix suivre le mouvement. Une sorte de Tesla mais de fabrication française, car il conserve un certain patriotisme. Le soir, au moment de l'apéro, il m'a dit "demain il faudra que nous allions en ville pour recharger ma voiture, on en profitera pour faire quelques courses".
Sa batterie, comme un mauvais téléphone qui se décharge trop vite, affichait un solde de 18 %.
Le lendemain donc, après un détour au supermarché, il repère sur son application une borne de recharge proche du centre-ville. Il me dit : "je t'offre un petit blanc au café du coin le temps de la recharge".
C'est assez impressionnant la recharge d'une voiture électrique. Il faut deux cartes, celle de l'abonné, la carte bancaire pour payer, mais aussi l'application du téléphone portable pour vérifier que tout fonctionne bien. Et je le regardais faire, taper des choses sur un clavier, passer une carte, puis une autre, pour enfin brancher une prise électrique qu'il avait dans son coffre. Rien que cela a pris pas loin de 10 minutes, quand enfin, il me dit triomphant "on peut y aller".
En revenant du petit blanc, alors qu'il ouvrait sa voiture, je l'entends s'exclamer "mais c'est quoi ce bordel" !? Je lui demande ce qu'il se passe. Il me répond que la charge n'a pas fonctionné. La borne était hors d'usage.
Je vous passe les différentes péripéties pour remettre un peu d'énergie à cette voiture d'une modernité incomparable, ce serait trop long. Mais ce que je peux affirmer ici, c'est que de son court passage en bas Vivarais, une grosse demi-journée aura été consacrée à trouver un moyen de redonner un peu d'autonomie à sa charrette.



















