Elle en a de bonnes parfois ma belle. Aujourd'hui elle a voulu m'emmener sur les traces de Léo Malet, de Nestor Burma et de brouillard au pont de Tolbiac. C'était une idée plutôt séduisante. Dans mon panthéon du roman noir ou du polar à la française, il y a tout en haut Simenon, juste en dessous Léo Malet, et loin, très loin derrière, Frédéric Dard.
Mais que reste-t-il de ces traces?
C'est un quartier que nous connaissons bien, pour y avoir habité rue Bobillot dans les années 80. Et déjà à cette époque plus rien ne devait ressembler à ce qu'avait connu Léo Malet. Aujourd'hui le pont de Tolbiac n'existe plus, la rue Watt n'en a plus que le nom. Nous avons eu la chance de les voir comme au temps de Nestor, comme Tardi les a immortalisés. Tout ce front de Seine, rive gauche, qui n'était encore qu'une friche il y a quelques décennies, une zone un peu pourrie il faut bien le dire, a été entièrement transformé, livré aux promoteurs, aux architectes les plus délirants. Plus de place au mystère, à la poésie. Plus de quoi y trouver l'inspiration d'un roman. Même le brouillard a déclaré forfait. Léo Malet en pleurerait.
Mais le plus amusant dans cette déambulation dans le 13e arrondissement, avec ma belle et son plan de Paris à l'ancienne, en papier entre ses mains qui refusent Google Maps, fût de trouver la rue du Javelot, qui mène ensuite à la rue du Disque. Comme balade dominicale je vous conseille. Imaginez une rue de près d'un kilomètre, qui circule sous le quartier des Olympiades, qui parcourt une multitude de parkings, qui sent la pisse et le nem trop cuit, où végète une faune qui ne sait plus rien du soleil. Franchement même moi je n'étais pas rassuré. Mais elle voulait à tout prix voir ce temple bouddhiste, qui se trouve donc rue du Disque. Étonnant endroit que ce temple, entre béton et béton. Il n'y avait personne quand nous y sommes entrés. Et, sur une table il y avait cette pipe, abandonnée, oubliée, cette pipe qui ressemble beaucoup à une pipe à opium.
Je crois qu'il me faudrait beaucoup d'opium pour vivre et prier dans un tel univers. Certains y arrivent visiblement.
Cet endroit aurait certainement inspiré Léo Malet : "Fumées rue du Disque".






























