Le printemps est arrivé, la belle saison !
vendredi 22 mars 2024
mercredi 20 mars 2024
Demandez à Mouloud
Ne comptez pas sur nous ni sur nos enfants pour aller faire votre guerre en Ukraine : il n'y a plus de place pour graver nos noms aux monuments aux morts.
Demandez plutôt à Mouloud, "la Castellane, Marseille". Lui connaît de vrais patriotes, déjà formés au maniement des armes.
mardi 19 mars 2024
And now... the news !
Emmanuel Macron était à Marseille.
Les syndicats paysans (pas tous) chez Attal.
De quoi avons-nous parlé sur toutes les ondes sonores et imagées ?
lundi 18 mars 2024
La bonne nouvelle du jour
JE est de RETOUR.
La mauvaise : les commentaires sont fermés, nous ne pourrons pas dialoguer avec lui... 😭
samedi 16 mars 2024
Message personnel
Si d'aventure, sait-on jamais, il m'arrivait de renaître un jour, que l'on ne se creuse pas trop les méninges là-haut, allons au plus simple. Je crois que je désirerais la même vie que j'ai eue. À l'âge des bilans (si seulement ça s'impose) elle se révèle globalement satisfaisante. En amour comme en amitié, sur le plan familial, je m'octroie sans hésitation un 9/10. Il n'y a que sur le plan professionnel que je me mettrais un "aurait pu mieux faire". Et encore... Bon nombre me jalouseraient : une autonomie sans pareil, des voyages, des moments exceptionnels voire historiques, des rencontres et des découvertes de lieux privilégiées, ce n'est quand même pas négligeable. Toutefois un supplément d'ambition n'aurait pas été de trop. Tant de félicités à peu de prix eurent sur moi, de nature paresseuse, un effet émollient. Mais enfin à part ce détail, si l'on m'entend là-haut, je veux bien remettre le couvert dans les mêmes conditions (pas d'empressement pour l'accusé de réception SVP).
PS : (Toujours pour "là-haut"), je sais bien que c'est à la mode, mais si l'on pouvait m'éviter l'Afrique. Je crois savoir qu'ils vont être suffisamment nombreux dans les prochains siècles et je ne tiens pas à être un surnuméraire...
jeudi 14 mars 2024
Je suis venu parler pour ne rien dire...
... et tes larmes n'y pourront rien changer...
Avec lui j'aurais dû me méfier, savoir, depuis le temps, que j'allais perdre le mien. J'imaginais une grande déclaration gaullienne, churchillienne, du sang et des larmes, et nos pioupious sur la ligne de front dans les six mois, juste après les moissons.
En fait, encore une fois, il était venu s'écouter parler, se voir si beau en son miroir.
La guerre ? Envoyer des troupes ?
Si, SI, et seulement si, la Russie nous déclare la guerre, alors oui, il faudra y songer... Mais c'est pas nous qu'on commencera hein... Y'a des limites...
Si, si, si, si... Si ma tante en avait...
Ça tombe bien : Poutine ne nous montre pas le début du commencement d'une intention de bombarder notre cher et vieux pays...
Foutriquet va ! Énergumène !
Trouve-toi quelqu'un à panthéoniser et fout-nous la paix ! La vraie !
Même pas peur...
L'exposition du parc Montsouris
Le mois de mars, pour le 14ème arrondissement où je crèche, est celui de la photographie. Toutes les grilles des parcs et jardins se couvrent d'expositions temporaires. Avec plus ou moins de bonheur et de réussite.
Je suis allé prendre cet après-midi un bon bol d'air printanier au parc Montsouris, et j'ai pu voir celle de ce dernier. De toutes ces expositions de rue qu'il m'a été donné de découvrir, c'est sans doute la plus convaincante :
dimanche 10 mars 2024
La mort comme idée fixe
La mort pour l'abolir ;
La mort pour la donner avant même les premiers jours de la vie ;
La mort pour l'accompagner, s'en débarrasser vite fait bien fait, ni vu ni connu, bon débarras ;
La mort au Panthéon ;
La mort aux Invalides ;
La mort, l'étoile du berger de ce gouvernement, de ce socialisme sans cesse renouvelé qui, Muray nous l'a bien décrit*, est la pierre angulaire de cette non-civilisation à l'œuvre depuis 1789.
Le socialisme ou la perpétuelle célébration de la mort ;
La mort en étendard ;
La mort comme idée fixe.
La vie peut attendre.
*Le 19e siècle à travers les âges.
De l'invention de la Renaissance au Pied-de-Cochon
Ce dimanche ma belle et moi sommes allés à la BNF (version Richelieu, pas Mitterrand) afin d'y voir une exposition temporaire intitulée "L'invention de la Renaissance". Mais il y avait foule. Alors nous avons déambulé dans ce magnifique bâtiment qu'est la BNF, parcourant les expositions permanentes, l'immense salle de lecture. Toujours je suis épaté de toutes ces merveilles à découvrir dans ce Paris que je n'aurais fait qu'effleuré. Certes, et en partie grâce à mon ancien métier, mais aussi grâce à ma belle qui a la curiosité d'une fouine, j'en aurais pris une bonne part, mais tant de lieux me resteront définitivement inconnus.
Puis nous avons poursuivi notre promenade par la galerie Vivienne, la place des Victoires, pour arriver enfin "Au Pied-de-Cochon". Nous nous y sommes assis en terrasse. Juste à côté il y a Saint-Eustache. La dernière fois que je l'avait vue elle faisait grise mine, sa façade était dans un état de délabrement qui faisait peine. Mais aujourd'hui elle est toute pimpante, sa pierre blonde semble d'avoir été extraite des carrières de la veille.
Au Pied-de-Cochon une quantité de souvenirs me sont revenus. Quand "P." était encore vivant, que nous étions jeunes, c'est ici que nous terminions nos virées nocturnes, devant une andouillette-frites sauce moutarde avec un Brouilly frais. Il est cinq heures, Paris s'éveille... Comme le temps a filé...
De ce dimanche voici quelques photos :
vendredi 8 mars 2024
Archives
L'autre jour, ou peut-être une nuit, j'étais avec Michel Houellebecq sur le ferry-boat Le Havre-Rosslare. Accoudés au bar nous attendions que le serveur veuille bien s’intéresser à nous. Pour l'heure il était occupé à ouvrir et refermer, avec des claquements secs, des portes de compartiments frigorifiques. Enfin il sembla nous découvrir.
- Messieurs ?
- deux Guinness.
Sur la piste de danse quelques personnes s'agitaient, manifestement ravies, aux sons de musiques irlandaises.
Michel leva sa pinte et l'engloutit à moitié. Je fis de même. La bière lui laissa une moustache blanche assez comique. Il eut un battement de cils, un demi sourire éclaira son visage.
- quoi, demandai-je.
- t'as une moustache blanche.
Dans le port du Havre le bateau manœuvrait. Des lumières disparaissaient, réapparaissaient, disparaissaient.
- tu lis quoi en ce moment ?
Il avait l'art de poser des questions inadaptées à l'espace-temps.
- des vieilleries interminables, interminées. Et puis Houellebecq. J'adore Houellebecq. En refermant "Plateforme", en laissant Michel à sa douloureuse et infinie solitude, j'ai eu une sensation rare : une sensation de manque.
- preuve que c'est de la bonne came...
- oui. Mais j'aime par-dessus tout son humour doux-amer, acide. On ne rit pas avec Houellebecq, on sourit. On sourit à cette façon qu'il a de dire le dérisoire de nos existences, d'en souligner le tragique inéluctable. J'ai l'impression de le comprendre, que c'est à moi qu'il parle.
Le bateau avait trouvé son cap, ronronnait. Nous étions en haute mer, une mer formée, la houle était forte ; ça secouait méchamment.
- il y a chez lui quelque chose de balzacien je trouve quand il décrit son époque et ses contemporains, quelque chose de résolument classique et ouvertement moderne. Balzac, Céline, Houellebecq. Tu piges ?
- flatteur...
- et puis surtout c'est un philosophe ! Que nous dit-il du bonheur ? Que ce n'est pas compliqué au fond, que c'est simple comme une érection et une chatte ou une bouche accueillante pour la recevoir, une pogne pour les moins chanceux. Avec ça t'es paré pour affronter la vie tu vois, un vade mecum qui ne retiendrait que l’essentiel.
- tu réduis un peu.
- à peine.
Les derniers passagers vaincus par le mal de mer regagnaient leur cabine. Deux irlandais, que j'aurais imaginé plus résistants gisaient sur le sol, les bras en croix, le nez dans leurs vomissures. Çà commençait à fouetter grave. Je passais commande d'une nouvelle tournée de Guinness.
Nous bûmes à grands traits. De nouveau je vis ses cils s'animer, une esquisse de sourire triste venir sur son visage.
- je sais... anticipai-je.
- son seul défaut c'est qu'il serait un peu misanthrope, poursuivis-je.
- qu'est-ce qui te permets de dire ça ?
- oh ce n'est pas moi qui le dit, mais Jed...
- quel prénom à la con !
- ...de notoriété publique Houellebecq était un solitaire à fortes tendances misanthropiques, c'est à peine s'il adressait la parole à son chien.
- et il dit ça où ce "Jed" ?
- dans son livre, "La carte et le territoire".
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"La possibilité d'une île".
Avec Michel Houellebecq nous étions enfin arrivés à Clifden. C'était une journée de juillet mais il faisait encore froid dans cette extrémité occidentale de la vieille Europe. Imprévoyant j'avais dû acheter in extremis un gros pull de laine marin. Dans le bar où nous étions on avait allumé quelques bûches de tourbe qui se consumaient lentement, répandaient leur parfum poivré si particulier. Un groupe de musiciens, jeunes et chevelus, reprenait au banjo et à la guitare les standards irlandais et il semblait que nous étions tous ce soir là destinés à être amis pour l'éternité. L'endroit était comme un îlot joyeux et fraternel, civilisé et chaleureux. Nous buvions nos Guinness dans de de vraies pintes en verre. L'après-midi nous avions traversé le Connemara, brun et vert, où les nuages défilent entre les collines à une incroyable vitesse.
- C'est dans ces collines que l'on extrait cette énergie fossile qu'est la tourbe, avais-je cru bon de souligner.
- demain nous irons au Temple Bar, avait-il étrangement répondu.
Il avait une cartographie de l'Irlande originale : s'il ne se souvenait d'aucun nom des villes et villages que nous traversions, il se souvenait en revanche des bars où il avait pris ses plus belles cuites, mangé les meilleurs fishs and schips.
- nous verrons, ai-je éludé.
Il fixait une splendide rousse aux yeux verts, un peu pétée, qui reprenait avec enthousiasme, mains levées, les refrains du groupe. Plus exactement il fixait d'un œil nostalgique sa gorge généreuse et tressaillante, laiteuse, parsemée de taches de rousseur. Houellebecq ne bandait plus depuis longtemps : diabétique au dernier degré, il n'était plus qu'un morceau de sucre qui fuyait les pays chauds de peur de fondre en caramel. Le climat de l'Irlande lui convenait parfaitement.
J'englouti d'un coup un quart de ma Guinness. Il eut alors vers moi un regard oblique, un peu sournois. Vivement j’essuyais ma bouche dans la manche de mon pull tandis qu'il haussait les sourcils, surpris et déçu.
- et..., commença-t-il.
J'attendais la suite. En plus du diabète, Houellebecq souffrait d'un Alzheimer naissant qui lui faisait perdre le fil de ses idées.
- t'as...oui.. t'as lu "La possibilité d'une île" ?
- oui. On peut dire que j'ai tout lu de lui, ou si tu préfères son énorme pavé de 1600 pages avec ses chapitres qui vont d' "Extension du domaine de la lutte" à "Soumission". Car il faut dire qu'il a écrit un seul et même livre. Avec son physique de releveur de compteurs électriques, le filou a trouvé le filon. Toujours avec son humour et son cynisme habituel (on ne lui enlèvera pas ça), très vifs dans" La possibilité d'une île", il joue avec nos peurs (et les siennes) : peur de la vieillesse, de la solitude, avec les angoisses d'une humanité devenue allergique aux méfaits du temps, notre quête impossible du bonheur, d'éternelle jeunesse, notre besoin d'aimer et d'être aimé.
- physique de releveur de compteurs électriques ???
- un peu quand même non ?
Nietzsche nous avait prévenu : si Dieu est mort, l'homme ne tardera pas à lui trouver un successeur en pire. Ici le scientisme et ses impasses. C'est en gros le sujet de "La Possibilité d'une île", son "Meilleur des mondes", et l'épilogue des "Particules" en était la préface. Oscillation permanente entre le loufoque et le très profond, j'ai eu parfois l'impression de lire les mauvaises pages d'un San Antonio écrites par le nègre de Frédéric Dard (Pinuche prenant le contrôle de la secte), ou le scénario d'un film d'anticipation de série "B". On frôle souvent la grosse déconnade, on est pas loin du grand foutage de gueule*. Mais j'ai aimé le suivre dans notre impossible futur. En toile de fond on retrouve sa réflexion philosophique si personnelle, noire, pessimiste, sur ce qu'un auteur pompier du XXème siècle avait cru bon d'appeler "la condition humaine" et toujours il arrive à sauver son affaire. A ce stade je me suis posé cette question : si j'avais commencé l'oeuvre de Houellebecq par "La possibilité d'une île", aurais-je eu envie de lire autre chose de lui ? La réponse est oui, malgré tout.
- encore heureux.
- car c'est sans doute, avec "Les particules élémentaires", ce qu'il a produit de mieux, bien meilleur en tout cas que son incompréhensible Goncourt, "La carte et le territoire".
Mais lui trouver des filiations avec Balzac ou d'autres est très exagéré. Il est surtout un bon cuisinier, ou plus exactement un maître saucier qui, s'il nous ressert toujours le même plat, le fait à chaque fois avec une sauce différente. Ses 1600 pages auraient pu être publiées sous la forme du feuilleton dans un journal ou un magazine pour métrosexuels. Je penche pour "Lui", le magazine de l'homme moderne.
Mais l'homme moderne ne lit plus, il n'a plus le temps : il a pris un abonnement au gymnase-club et passe ses soirées sur Meetic.
*(...) Au fond de moi je me rendais bien compte qu'aucun de mes misérables sketches, aucun de mes lamentables scénarios, mécaniquement ficelés, avec l'habilité d'un professionnel retors, pour divertir un public de salauds et de singes, ne méritait de me survivre. Cette pensée était, par moments, douloureuse ; mais je savais que je parviendrais, elle aussi, à la chasser assez vite.
jeudi 7 mars 2024
mercredi 6 mars 2024
Mon Vladou
- Allo Vladimir ? C'est Manu ! Oui Manu... de Paris... Paris 8ème... tu me remets ? Bon ! C'était pour te prévenir : je vais dire dans les jours prochains des choses que tu pourrais trouver désagréables, irritantes. Il ne faut surtout pas en tenir compte ! Ne surtout pas en prendre ombrage ! Comme tu sais je rentre en campagne, et je suis entouré d'une équipe de bras cassés. Y'a le Jordan qui cartonne avec des scores dans les sondages à la sovi..., hallucinants. Bon... Alors je sors le grand numéro. Pas celui des gilets jaunes ou des paysans hein ! On s'en fout de ces gens qui ne sont rien ! Non ! Le nec plus ultra ! Celui du chef de guerre ! Du protecteur de la nation, de l'Europe, de la civilisation ! Des valeurs ! L'UMPS est avec moi ! Sarko et Hollande viennent de me le confirmer ce soir à l'Élysée. Raffarin fait le service après-vente chez Ferrari.
- Vous êtes menacés ? Par qui ?
- Mais par personne mon Vladou, par personne ! Mais les Français doivent être convaincus du contraire, au moins jusqu'au 9 juin. Tu comprends mon Vladou ?
Eh puis je te rassure si tu veux : ici tout le monde sait bien que l'Ukraine est le berceau de la Russie.
Je t'aime mon Vladou.
Bises.
lundi 4 mars 2024
Fourre-tout
Notre constitution c'est un peu le catalogue de la Redoute : comme au Panthéon on y trouve tout et n'importe quoi...
Rajout de ce mardi, LE BILLET TRÈS JUSTE DE MAXIME TANDONNET.




























