samedi 25 juillet 2026

Dans les feux


L'ère Macron a commencé dans le feu des gilets jaunes, dans le feu de Notre Dame, elle se termine dans les feux de Lacanau.

https://x.com/i/status/2080948871392366870

vendredi 24 juillet 2026

Prévention incendies




À l'instant sur LCI je vois une intervenante qui fait la promotion des petits cendriers de poche pour éviter de jeter son mégot par la fenêtre. Tout à l'heure encore j'entendais sur une radio de service public un message du ministère de l'intérieur rappelant les gestes de précaution comme, précisément, ne pas jeter son mégot par la fenêtre. Tout cela est de bon sens bien évidemment, et il faut être un grand malade pour jeter sa clope dans la garrigue quand il fait 45 degrés à l'ombre.

Mais, mais, les très jolies voitures que l'on nous propose désormais à la vente, celles qui vous appellent par votre petit nom quand vous tournez la clé de contact, ne disposent plus de cendrier. Par dogmatisme ou idéologie anti-tabac, on a renoncé à cet accessoire. Pourtant, des fumeurs de tabac (ou d'autres choses), il y en a encore, et il y en aura toujours.

Message aux constructeurs automobile: réintroduisez de toute urgence les cendriers dans les voitures, peut-être que quelques abrutis n'auront pas alors l'idée de jeter leurs mégots par la fenêtre et nous épargneront quelques incendies.


samedi 18 juillet 2026

Ayez confiance




On ne voit pas grandir ses enfants. Hier encore ils étaient à la maternelle, fêtes des écoles, anniversaires gâteau au chocolat et ballons multicolores.

Et aujourd'hui ce sont des hommes. Ils ont appris à décapsuler les canettes de bière avec un briquet, savent allumer un barbecue, connaissent mieux que moi la recette de la côte de bœuf à la moutarde. Quand ils discutent avec leurs potes, ils ont un air grave et pénétré, échafaudent les meilleures hypothèses pour faire un maximum de blé en un minimum de temps, envisagent les destinations à travers le monde les plus favorables pour fuir l'enfer fiscal à la française. " le Canada c'est pas mal, mais tu n'as pas intérêt à avoir un pet de travers, sinon là tu raques un max". "si tu veux te faire du blé rapide, c'est en Australie qu'il faut aller, mais les jobs proposés c'est vraiment des trucs de mercenaires".

C'est sérieux je trouve, ça ne rigole pas beaucoup, ça sent l'inquiétude du lendemain, la crainte d'un horizon bouché. Le boomer que je suis redoute la pluie de reproches... Il me semble qu'à leur âge nous étions bien plus insouciants, c'est vrai. De là à me sentir coupable...

Fiston est à "S" avec ses potos, et j'ai envie de leur dire "ayez confiance".

Que puis-je faire de plus ? 

dimanche 12 juillet 2026

L'histoire de mammy rabbit

 



L'histoire de mammy rabbit, et des lapins des Invalides, que l'on peut encore apercevoir aujourd'hui : 


"Pendant l’Occupation, la famille Morin vivait aux Invalides, où Georges Morin travaillait comme fonctionnaire à l’Office national des Anciens combattants (ONAC). Avec sa femme Denise Morin et leur fille Yvette, ils s’engagent dans un réseau de résistance (Action Vengeance de la France Combattante). Entre 1942 et 1944, ils cachent aux Invalides plus d’une centaine (environ 130 selon certaines sources) d’aviateurs alliés — principalement britanniques, américains et canadiens — dont les avions avaient été abattus. Ils leur fournissaient de faux papiers et les aidaient à s’évader vers l’Espagne ou l’Angleterre.

Pour nourrir ces hommes sans éveiller les soupçons des Allemands (la nourriture était rationnée et les mouvements suspects), Denise Morin élève des lapins. Les aviateurs la surnomment affectueusement « Mammy Rabbit » (Maman Lapin). Les lapins servent à la fois de couverture (élevage « légitime » pour la consommation) et de ressource alimentaire discrète.

Malheureusement, la famille est trahie et arrêtée par la Gestapo le 5 juillet 1944. Ils sont déportés. Georges Morin ne reviendra pas (il meurt en déportation), tandis que Denise et Yvette survivent et rentrent après la Libération. Une plaque commémorative honore aujourd’hui l’action de Georges aux Invalides. 

Quant aux lapins actuels (des lapins de garenne sauvages, plusieurs centaines à certains moments), leur présence sur les pelouses de l’esplanade des Invalides n’est pas directement liée à ceux élevés par Denise Morin pendant la guerre. La colonie moderne a une origine plus récente et incertaine, mais l’histoire de « Mammy Rabbit » leur donne une dimension symbolique forte : ils rappellent le courage de cette famille résistante. Les lapins sont devenus une curiosité parisienne, même si leur prolifération a parfois posé problème (dégâts aux pelouses, débats sur leur capture ou leur protection).

C’est une belle histoire qui mélange résistance, ingéniosité et un clin d’œil animalier au cœur de Paris, près du tombeau de Napoléon."


vendredi 10 juillet 2026

Impitoyable nature

 


J'ignore ce qu'il a bien pu lui arriver à cette petite fouine, en tout cas ce n'est pas moi qui lui aurais roulé dessus par mégarde. Je l'ai retrouvée, tache brune inhabituelle, dans la petite côte qui monte à la terrasse. Hier soir je suis passé plusieurs fois par ce chemin, pour aller arroser les arbres : elle ne s'y trouvait pas. Peut-être qu'une couleuvre verte, comme celle que j'avais surprise en train d'étrangler une souris dans la grange une année, serait-elle la coupable ? Il y a ici ce genre de couleuvre, assez impressionnante, que l'on nomme la couleuvre verte de Montélimar. Au Vivarium du Jardin des Plantes de Paris elle y est répertoriée. Il est assez rare de la rencontrer, mais je l'ai vue effectivement dans ses œuvres, il y a quelques années :

https://youtu.be/NJa_IQvatVI?feature=shared

jeudi 9 juillet 2026

La saison des amours




Depuis que je suis à "S" il se produisait tous les soirs un phénomène étonnant, au moment d'éteindre les lumières, dans ce grand salon que j'ai choisi pour y passer mes nuits. Sur le sol s'allumaient de petites lumières fluorescentes, vertes, jaunes, et composaient comme un ciel étoilé. Ça n'était pas pour moi une découverte, je reconnaissais là ce que l'on nomme abusivement des vers luisants. Mais, cette année, ils n'étaient pas quelques-uns, égarés sur la terrasse ou sur les coteaux de mon chemin : ils envahissaient ma maison, éclairaient les plinthes, les recoins des murs, et jusque sous ma table de nuit. J'en parlais à ma belle. Mine de rien elle s'y connaît en bestioles, elle qui a épinglé, enfant, tant de papillons sur des morceaux de carton, elle qui reconnaît un Lucane s'envolant à la nuit tombante, ces Lucanes que mes fistons appellent des Jésus, car ils ont la particularité de voler à la verticale, les ailes en forme de croix.

"Tu dois être arrivé dans la période nuptiale me dit-elle, et les femelles allument les mâles de cette façon pour les attirer".

Des mâles un peu bigleux, j'imagine, qui sinon seraient passés à côté de leur belle. En somme elles font des appels de phares, un peu comme les... non rien.

"Que l'on nomme abusivement des vers luisants", disais-je plus haut, et en effet il ne s'agit pas de vers, mais bien de coléoptères. La bestiole est assez peu ragoutante. Au matin, quand la lumière du jour revient, elle ressemble à une grosse crotte de souris, et sa consistance, molle, répugne. Du balai j'en poussais un bon nombre dans la pelle, que je jetais ensuite par la fenêtre.

Et puis tout cela a pris fin. Un soir il n'y eut plus de petits points lumineux sur le sol de ma maison, qui était redevenu sombre comme un soir sans lune et sans étoiles. L'étrange Voie Lactée s'était éteinte.

La saison des amours était terminée.

mardi 7 juillet 2026

2027


En 2027, comme toujours, je serais allé voter.

En 2027 j'irai voter. 

Avec le sourire. 

Canicule




... La saison allait en se détraquant ; toutes se confondaient, cette année-là ; après les rafales et les brumes, des ciels chauffés à blanc, tels que des plaques de tôle, sortirent de l'horizon. En deux jours, sans aucune transition, au froid humide des brouillards, au ruissellement des pluies, succéda une chaleur torride, une atmosphère d'une lourdeur atroce. Attisé comme par de furieux ringards, le soleil s'ouvrit, en gueule de four, dardant une lumière presque blanche qui brûlait la vue ; une poussière de flammes s'éleva des routes calcinées, grillant les arbres secs, rissolant les gazons jaunis ; la réverbération des murs peints au lait de chaud, les foyers allumés sur le zinc des toits et sur les vitres des fenêtres, aveugla ; une température de fonderie en chauffe pesa sur le logis de Des Esseintes. 

À moitié nu, il ouvrit une croisée, reçut une bouffée de fournaise en pleine face ; la salle à manger, où il se réfugia, était ardente, et l'air raréfié bouillait. Il s'assit, désolé, car la surexcitation qui le soutenait, depuis qu'il se plaisait à rêvasser, en classant ses livres, avait pris fin.

Semblable à tous les gens tourmentés par la névrose, la chaleur l'écrasait ; l'anémie maintenue par le froid, reprenait son cours, affaiblissant le corps débilité par d'abondantes sueurs.


Huysmans, À rebours 

mercredi 1 juillet 2026

65





En ce 1er juillet, votre serviteur entre officiellement dans cette dernière étape que l'on appelle la vieillesse. Car même si 65 ans c'est encore jeune, tout le monde s'accorde à dire que c'est l'âge où commence l'hiver.

Le premier juillet 1961 jouaient hautbois résonnaient musettes pour célébrer mon arrivée en ce bas monde, tandis que les cloches de Saint-Nicolas-du-Chardonnet sonnaient le glas pour un personnage admiré, haï : Louis-Ferdinand Céline. C'était un jour comme aujourd'hui, trop chaud, la Bretagne enregistrait des records de températures.

Sur mon carnet de santé le médecin, qui avait accompagné ma venue au monde, notera : "né étonné, crie après quelques instants".

Étonné je le suis encore, étonné des chances que la vie a bien voulu m'offrir.

J'ai 65 ans, mais dans ma tête j'en ai toujours 20, quelque part sur une plage de Martinique.