Je lis, sur la terrasse de "S", aux derniers soleils d'octobre, Sénèque et ses traités. C'est ma belle (que serais-je sans elle) qui m'a trouvé ce bouquin, sur l'un de ces vide-greniers qu'elle affectionne tant.
Et, dans la préface du livre, je tombe sur ce passage éclairant la personnalité du philosophe, ancêtre lointain d'Aymeric Caron pour son rapport au monde animal :
" Dans la suite de cette même lettre à Lucilius (la 108e), où il confie à son correspondant de si précieux éléments sur sa vie d'étudiant, il rapporte qu'il se prit avec son autre maître, Sotion, d'amour pour Pythagore, en particulier parce que les convertis à cette doctrine s'abstenaient de manger de la viande. Les raisons qu'il invoque pour pratiquer ce régime sont diverses : prendre plaisir à dévorer de la viande accoutume à la cruauté ; c'est un luxe inutile et malsain car une trop grande diversité d'aliments est contraire à la santé. Il invoque surtout l'identité de nature entre l'homme et l'animal : toutes les choses créées sont liées entre elles et lorsqu'un être meurt son âme passe dans un autre corps. De sorte que c'est non seulement un véritable crime que de tuer un animal, mais qu'on peut se rendre parricide car l'âme de son propre père peut s'être réincarnée dans l'animal qu'on s'apprête à manger. Aussi se mit-il au régime et s'habitua-t-il bientôt à se passer de viande. Il avait même le sentiment d'en avoir l'esprit plus clair."
Voilà voilà...
Sur ce je m'en vais de ce pas griller ma côte de porc...

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Lâchez-vous !
Mais en gens bien élevés tout de même...