dimanche 6 avril 2025

Place Vauban

 



N'ayant pas le don d'ubiquité, je fus fort embarrassé en ce dimanche 6 avril 2025. Pas moins de quatre manifestations, d'importance diverses, se tenaient à Paris. Pour ma part deux furent d'office exclues : celle des Insoumis (qui portent si mal leur nom) place de la République, et celle d'un homme de piètre envergure dont l'influence, on le souhaite, restera mineure en notre douce France.

Il en restait donc deux. 

Celle organisée en soutien au Rassemblement National, place Vauban, et celle des Gueux, emmenée par Alexandre Jardin, autour de la mairie de Paris. S'il n'y avait pas eu place Vauban, c'est là que je me serais rendu. Car enfin ces ZFE sont un pur scandale. On nous assène que la pollution automobile serait responsable de 40000 morts par an. Quelle savante méthode permet d'obtenir un tel chiffre ? On ne le sait pas. Moi qui ai connu Paris dans les années 70-80, j'affirme que la pollution y est désormais résiduelle. Plutôt que d'interdire le centre-ville aux vieilles charrettes, n'aurait-il pas été plus raisonnable de patienter un peu ? Le parc automobile étant ce qu'il est, les vieilles caisses qui fument un peu trop sont destinées à disparaître dans un proche avenir. Il se dit qu'E. M. voudrait que cette mesure ne soit appliquée qu'à Lyon et Paris. Qu'importe. L'idée même d'une telle mesure, même à la portée limitée, est révoltante.

Mais, comme un quarteron de juges félons a cru bon devoir décider pour qui je devais voter, je ne pouvais dire "merde à Vauban !". 

De tout cœur avec les Gueux, c'est donc vers les Invalides que j'ai marché d'un bon pas.

Pour un électorat peu enclin à battre le pavé, la place était plutôt bien remplie de mon point de vue, mais certainement pas de 10000 personnes, comme a cru bon d'annoncer crânement JB. En revanche, pas un seul drapeau palestinien. Quant à d'éventuelles embrouilles, ça ne risquait pas d'arriver, tant le filtrage était serré, minutieux : un vrai tamis. On m'a même fait ouvrir ma blague à tabac. Je ne vois pas ce que j'aurais pu y cacher...

Je suis parti après le discours de JB, non sans avoir salué Y. Rioufol et l'avoir assuré de ma fidélité à son blog.

Un beau dimanche. 

 

lundi 31 mars 2025

À la déloyale


Le vainqueur des prochaines élections présidentielles de 2027 le sera à la déloyale et n'aura aucune légitimité. 

Fredi M. 

dimanche 30 mars 2025

Hidalgo a tué Paris

 


 

Hidalgo a tué Paris.

C'est la réflexion que je me faisais hier soir, alors que ma belle et moi nous nous promenions à Montparnasse, quartier qu'aimait tant Hemingway, et qu'il ne reconnaîtrait pas. 

Les néons du boulevard brillent dans le vide. 

Les passants pressés semblent vouloir respecter une autorisation "covid".

Ils sont vieux.

La jeunesse, chassée par la cherté de la ville, l'a fuie.

En un peu moins de douze ans, Hidalgo aura réussi à transformer une ville festive, joyeuse, en un Ehpad pour retraités fortunés, un musée pour touristes friqués. 

Dans un rayon de cinq cents mètres autour de chez moi, je pourrais compter pas moins d'une cinquantaine de commerces qui ont baissé définitivement le rideau : plus de places de stationnement, mais des pistes cyclables où s'engouffrent des zombies, esclaves livreurs de pizzas, bobos au job mal défini. Les brasseries, naguère ouvertes jusqu'à point d'heure, servent leurs derniers clients un peu avant minuit. Puis c'est un silence mortuaire qui prend possession des quartiers.

Hidalgo a tué Paris, et le mal est si profond, si certain, que l'on ne voit pas comment le prochain édile pourrait réparer les fautes. Sauf à replonger les Parisiens dans une décennie de travaux.

Hidalgo a tué Paris, l'a triturée comme un enfant sadique l'aurait fait d'un insecte. De quel droit ?

Paris n'est plus une fête.

vendredi 28 mars 2025

samedi 15 mars 2025

Nous vous cédons le pas


 

Mourir pour des idéesL'idée est excellenteMoi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eueCar tous ceux qui l'avaientMultitude accablanteEn hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincreEt ma muse insolenteAbjurant ses erreurs se rallie à leur foiAvec un soupçon de réserve toutefoisMourons pour des idées, d'accord, mais de mort lenteD'accord, mais de mort lente
Jugeant qu'il n'y a pasPéril en la demeureAllons vers l'autre monde en flânant en cheminCar, à forcer l'allureIl arrive qu'on meurePour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une choseAmère, désolanteEn rendant l'âme à Dieu, c'est bien de constaterQu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idéeMourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente D'accord, mais de mort lente
Les Saint Jean bouche d'orQui prêchent le martyreLe plus souvent d'ailleurs, s'attardent ici-basMourir pour des idéesC'est le cas de le direC'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les campsOn en voit qui supplantentBientôt Mathusalem dans la longévitéJ'en conclus qu'ils doivent se direEn aparté, "mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lenteD'accord, mais de mort lente"
Des idées réclamantLe fameux sacrifice Les sectes de tout poil en offrent des séquelles Et la question se poseAux victimes novices Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes Quand il les voit venirAvec leur gros drapeau Le sage, en hésitantTourne autour du tombeau, "mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente D'accord, mais de mort lente"
Encore s'il suffisaitDe quelques hécatombes Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent Au paradis sur terre, on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesseEst remis aux calendes Les Dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez Et c'est la mort, la mortToujours recommencée, mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente D'accord, mais de mort lente
Ô vous, les boutefeuxÔ vous les bons apôtres Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas Mais de grâce, morbleuLaissez vivre les autres La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas
Car, enfin, la CamardeEst assez vigilante Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux Plus de danse macabreAutour des échafauds, mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente D'accord, mais de mort lente


jeudi 13 mars 2025

La patrie


C'est un mot qui revient à la mode : la patrie. Comme une braise mourante,  après lui avoir copieusement pissé dessus, que l'on essayerait de ranimer. 

Mais de l'amour de la patrie, il en va comme de l'amour : quand c'est fini, c'est fini. 


mardi 11 mars 2025

Irréaliste et impossible


Bon courage à celui qui se lancerait dans un tel projet... 

Et ce n'est pas la peine de développer davantage... 




vendredi 7 mars 2025

Formation militaire




En ces temps troublés, on entend de nombreuses voix réclamer le retour du service militaire. Pour ma part j'ai déjà donné, à Fort Desaix, Martinique, et je me souviens d'avoir tiré un bon nombre de cartouches au stand de tir de Colson. Sans me vanter j'étais plutôt bon à ce petit jeu...

Mais, pour la prise de contact avec les armes, il y a une autre activité que j'ai pratiquée dans ma jeunesse : le ball-trap, loisir qui nous est arrivé d'Amérique après la guerre. D'ailleurs pour dire aux lanceurs des pigeons (petites assiettes d'argile), cachés et protégés des plombs derrière des ballots de paille, on crie "pull !". L'enfant ignorant que j'étais entendait "poule !".

Le ball-trap, dans notre coin du Gâtinais, se pratiquait à la fin de l'été, après les moissons, quand les chaumes n'avaient pas été encore retournés. J'y allais avec mon père. Il y avait une buvette où la bière coulait à flots. On y retrouvait les gens du village (des paysans-chasseurs qui venaient là se dégourdir les doigts avant "l'ouverture"), mais beaucoup d'autres aussi qui venaient de plus loin. C'était joyeux et bruyant ("convivial" on dirait aujourd'hui), exclusivement masculin.

Un jour, alors que mon père se roulait une cigarette et discutait au comptoir, il fut appelé : « c'est votre tour!». « Je laisse la place à mon fils !»

Je n'en menais pas large... J'ai pris le fusil, calibre 12, qui m'a semblé peser une tonne, j'ai épaulé et crié "poule !". Mais rien n'est parti devant moi. «Tu n'as pas crié assez fort !». De nouveau j'ai crié "poule !", et le pigeon de terre cuite s'est envolé à la verticale, à une cinquantaine de mètres de moi. J'ai appuyé sur la détente, mais le pigeon a poursuivi sa course sans une égratignure. En revanche j'ai eu la sensation très nette que le recul de l'arme m'avait arraché l'épaule. J'ai ressenti une douleur vive. Quinze jours après je traînais encore un très laid hématome violet.

J'ai l'impression que la pratique du ball-trap tend à disparaître. Et c'est bien regrettable. Car si l'on doit aller faire la guerre à Poutine, ce n'est pas avec des lance-boulettes de papier mâché et des lance-pierres que nous arriverons à grand-chose... Appréhender une arme dès sa plus tendre enfance, peut s'avérer plus tard d'une grande utilité.

jeudi 6 mars 2025

Désirs





 Le rêve pour les uns serait d’avoir des ailes,

De monter dans l’espace en poussant de grands cris,
De prendre entre leurs doigts les souples hirondelles,
Et de se perdre, au soir, dans les cieux assombris.

D’autres voudraient pouvoir écraser des poitrines
En refermant dessus leurs deux bras écartés ;
Et, sans ployer des reins, les prenant aux narines,
Arrêter d’un seul coup les chevaux emportés.

Moi ; ce que j’aimerais, c’est la beauté charnelle :
Je voudrais être beau comme les anciens dieux,
Et qu’il restât aux coeurs une flamme éternelle
Au lointain souvenir de mon corps radieux.

Je voudrais que pour moi nulle ne restât sage,
Choisir l’une aujourd’hui, prendre l’autre demain ;
Car j’aimerais cueillir l’amour sur mon passage,
Comme on cueille des fruits en étendant la main.

Ils ont, en y mordant, des saveurs différentes ;
Ces arômes divers nous les rendent plus doux.
J’aimerais promener mes caresses errantes
Des fronts en cheveux noirs aux fronts en cheveux roux.

J’adorerais surtout les rencontres des rues,
Ces ardeurs de la chair que déchaîne un regard,
Les conquêtes d’une heure aussitôt disparues,
Les baisers échangés au seul gré du hasard.

Je voudrais au matin voir s’éveiller la brune
Qui vous tient étranglé dans l’étau de ses bras ;
Et, le soir, écouter le mot que dit tout bas
La blonde dont le front s’argente au clair de lune.

Puis, sans un trouble au coeur, sans un regret mordant,
Partir d’un pied léger vers une autre chimère.
– Il faut dans ces fruits-là ne mettre que la dent :
On trouverait au fond une saveur amère.

Guy de Maupassant

À noter qu'en ce qui me concerne ce poème relève du fantasme : toute ma vie je suis resté fidèle. Un vrai toutou ! 

mardi 4 mars 2025

Ça va mieux en le disant

 




https://x.com/NathalieLoiseau/status/1896495698708967722?t=B6t5swnIic74hsvtbvoxlg&s=19


Un rappel: au rythme actuel, il faudrait plus de 80 ans à la

Russie pour conquérir l’Ukraine.

Nathalie Loiseau

Ah bon ? Vraiment ? Nous voilà rassurés alors ! 

Quand les chars russes arriveront Porte d'Orléans j'aurai plus mal aux dents depuis longtemps...

jeudi 27 février 2025

Dilemme


Fermer une chaîne de télévision dans un pays prétendument démocratique, quoi de plus détestable.

Fermer la gueule à Hanouna, quoi de plus délectable. 

lundi 24 février 2025

Au musée d'Histoire de la Médecine



Aujourd'hui ma belle et moi sommes allés au musée de l'Histoire de la Médecine, 12 Rue de l'École de Médecine, Paris. 
L'endroit renferme un trésor de bistouris, de scies à amputer, de sondes à fonction farfelue (je pense par exemple à celle que l'on envoyait dans l'urètre des messieurs de plus de 50 ans qui avaient des problèmes de débit à une époque où l'on ne savait pas encore que le problème se situait plus en amont. Une horreur...). 
Tous ces objets sont de vraies œuvres d'art, et pour beaucoup en argent. Mais quand on songe à nos scanners d'aujourd'hui, qui vous donnent en quelques minutes de belles photos de votre palpitant et de son degré d'encrassement, bien que forts jolis on ne regrette pas l'époque où l'on utilisait ces petits bijoux. Sans compter que la stérilisation de ces instruments devait être très aléatoire, et que si l'on ne succombait pas à l'intervention, on s'en allait par la grâce d'un staphylocoque doré (quel jolie nom pour une vraie saloperie...). 
En sortant ma belle m'a proposé de prendre un verre au Procope. Mais le Procope n'avait pas sorti sa terrasse, condition sine qua non pour le fumeur que je m'obstine à rester. Et ce n'était pas plus mal au fond. Si la rue de l'Ancienne Comédie est un havre de fraîcheur en été, en cette saison il y fait encore bien sombre et bien frais. Nous avons poussé jusqu'à la rue Jacob, vers un troquet bien parigot qui est aussi l'un de nos repères parisien, avec une carte des vins très aguichante. Ma belle a commandé un Bordeaux et moi un Côtes du Rhône (Pure Garrigue, un pur bonheur). 
Nous sirotions nos verres quand ma belle me dit :
- tu sais qu'il y a une exposition qui démarre à Montparnasse sur les serial-killers ? Avec reconstitution, frigo que tu ouvres pour y découvrir une tête ensanglantée, etc...? Ça te dirait d'y aller faire un tour ? 
Ma belle a de drôles d'idées parfois... 
- heu non merci. Cette fois je passe mon tour. 
- t'as raison. En plus elle est interdite aux moins de quinze ans... 






vendredi 21 février 2025

Un aperçu


Il nous aurait fallu vivre plus longtemps, pour combattre plus longtemps, aimer plus longtemps, souffrir plus longtemps ; apprendre davantage. 

Mais la vie est radine, nous offre qu'un échantillon, un aperçu.